En effet, aujourd'hui était le deuxième essai des tentatives de FIV sur les quatre auxquelles nous avons droit. C'était censé durer de 8h15 à 12h00 (estimation à la louche), mais finalement on a poussé jusqu'à 14h00.

8h00

Nous arrivons à l'hôpital, tout guillerets, enfin plus moi qu'elle, et pour une fois les parkings sont vides. Cela tombe bien, le planning étant serré, madame était prioritaire sur la liste. On se gare, direction l'accueil. Signature des papiers nécessaires (oui, on veut bien se reproduire artificiellement; oui, on veut bien que les « produits » non utilisés soient ré-utilisés à des fins de recherche scientifique sur la reproduction humaine et non pas détruits), et nous pouvons aller nous changer.

8h30

Pendant que madame se change et attend d'aller au bloc opératoire, je dois aller au recueil de sperme. Le recueil en tant que tel est effectué par moi-même, restrictions budgétaires obligent, je n'ai pas droit à l'assistante médicale pour m'aider. Tant pis, je vais m'aider du seul magazine trainant, et longue (48h) abstinence oblige, l'affaire est rondement et rapidement menée. Il est à noter que l'hôpital s'est ouvert à la coopération européenne, le magazine étant imprimé en anglais, espagnol, allemand, italien et français. Les personnes les plus cérébrales pourront donc réviser leurs langues étrangères si les images ne les aident pas.

8h45

Je rejoins madame au bloc, courageusement déterminé à lui apporter tout le soutien dont elle aurait besoin pendant la ponction. Pour ceux au fond qui n'auraient pas lu le billet précédemment mentionné, celle-ci s'effectue à l'aide d'une longue aiguille d'environ une trentaine de centimètres, directement dans les ovaires et à travers la paroi du vagin.

9h00

Avant de commencer le prélèvement proprement dit, il faut d'abord installer un cathéter permettant d'injecter si nécessaire (et ça l'est) un anesthésiant puissant et à courte durée de vie. Le seul problème est que l(es)' infirmière(s) ne trouve(nt) pas d'endroit où l'installer. Sont essayés, dans l'ordre : le dos de la main droite, le creux du coude droit, à mi-avant bras gauche. Aux bruits et à la tête de madame, je comprenais bien qu'elle n'appréciait que modérément le traitement. D'ailleurs, fait nouveau pour moi, simplement l'entendre m'a, dans l'ordre :

  • donné envie de vomir
  • fait beaucoup transpirer
  • fait m'entendre dire « Mais monsieur, vous êtes tout pâle ».

J'ai donc fini en salle de réveil, allongé sur un lit avec un verre d'eau saturée en sucre. J'avais demandé à pouvoir rejoindre madame à nouveau une fois que son cathéter serait posé, mais on m'a vaguement fait comprendre que j'étais très bien où j'étais.

de 9h15 à 10h15

En général, une ponction dure à tout casser dans les 20 minutes. Manque de bol, il y en a eu pour une heure pendant laquelle je me demandais ce qu'il pouvait bien se passer, et s'ils n'étaient en train de l'opérer de l'appendicite, « tant qu'on y est madame, autant en profiter, n'est-ce pas ? ». Donc cette partie là m'a été racontée par madame après coup.
Juste après mon départ, l'équipe médicale a enfin trouvé le Saint-Graal en matière de veine, à savoir le dos de la main gauche. Ils en ont profité pour injecter une première dose d'anesthésiant afin de calmer la douleur. Arrive le moment de la ponction, et v'la t'y pas qu'ils n'arrivent pas à accéder à l'ovaire gauche. S'ensuivent alors des pressions sur le bas ventre afin d'essayer de déplacer l'ovaire tout en surveillant à l'échographie que l'aiguille est bien positionnée et ensuite tenter de ponctionner. L'anesthésiant a beau être puissant, il n'est pas magique pour autant. Donc madame a eu droit en tout à quatre injections, qui ne suffisaient pas à atténuer la douleur. L'anesthésiste a donc décidé d'utiliser le FLT (Faîtes La Taire), scientifiquement appelé « protoxyde d'azote », utilisé au choix comme gaz hilarant, gaz anesthésiant, propulseur de crème chantilly ou oxydant dans certains moteurs-fusée (je sens qu'il y a des sceptiques parmi vous).
Bref, alors que la personne sort en général du bloc dans un simple fauteuil roulant, elles sont venues me faire libérer le lit dans lequel je commençais à trouver le temps long, et m'ont ramené une future épouse un peu dans les vapes.

de 10h15 à 12h45

Nous restons donc en salle de réveil, moi attendant que madame se réveille, et madame se réveillant petit à petit. Pas grand chose à dire sur ce moment, si ce n'est que c'est un peu long.

de 12h45 à 14h00

A ce moment, nous aurions dû déjà être chez nous. Mais là, à cause de l'anesthésie générale subie, il nous faut patienter encore quelque temps. Tout d'abord passe une médecin biologiste qui vient nous annoncer les scores. Cette fois-ci ça sera un faible nombre d'ovocytes ponctionnés : seulement trois, à cause des difficultés d'accès à un ovaire. Forcément, comparé aux dix ovocytes ponctionnés à la dernière tentative, c'est peu et décevant. Mais bon, c'est comme ça ©. Sinon, mes spermatozoïdes vont très bien (belle gueule, bons sprinters, bon nombre), merci pour eux.
Une fois le débriefing effectué, nous (enfin, surtout madame, pour ma part je me contente de suivre) sommes transférés dans une chambre individuelle avant de rentrer chez nous. Passent alors deux infirmières qui viennent établir un dernier bilan, et pour ce faire m'éjectent de la chambre. Il faudrait qu'elles se rendent compte que nous essayons de faire des gosses, et que je l'ai déjà vue nue et dans des positions plus équivoques qu'une prise de tension. M'enfin bref. Une collation est servie, et nous pouvons enfin rentrer chez nous une fois ce foutu cathéter enlevé. Il ne nous reste plus qu'à attendre jeudi pour connaître le nombre d'embryons effectifs à transférer.

P.S.

Avec tout ça, je n'aurai pas eu l'occasion de me faire prendre en photo en tenue d'infirmier / médecin. Mais bon, je ne nous souhaite pas d'avoir une nouvelle occasion. Sinon, tout pareil que la dernière fois : bravo à madame qui supporte tout ça avec courage et (presque) sans rien dire.

Au fait, pour ceux qui n'auraient pas compris, le titre est juste là pour faire le rapprochement entre les retards de la SNCF, et le retard d'aujourd'hui pour notre sortie de l'hôpital.

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La quatrième FIV