11 septembre 2001, une date marquante

S'il y a une date célèbre parmi tant d'autres, il s'agit du 11 septembre 2001. Ce jour-là, un ensemble d'attentats originaux ont impliqués 4 avions, dont deux ont fini dans les tours jumelles du World Trade Center à New York, un dans les bâtiments du Pentagone, et un dernier dans un champ en Pennsylvanie alors qu'il aurait normalement dû finir dans la Maison Blanche à Washington.

Ces attentats, qui ont fait un peu plus de 3000 morts ont changé pour quelque temps la géopolitique mondiale : maintenant, tous les moyens sont mis en œuvre pour lutter contre le terrorisme, même les moins recommandables. Au menu : guerre en Afghanistan et en Irak, restriction des libertés individuelles dans un grand nombre de démocraties (et d'autres états moins démocratiques), accroissement des moyens policiers, « légalisation » de la torture et des détentions abusives dans des prisons secrètes par l'actuelle plus grande puissance de monde, sans compter tout ce que j'oublie surement.

Bien évidemment, face à un évènement de cette importance, il y en a pour s'élever contre les explications officielles, et proposer leur propre version des faits. C'est par exemple le cas de Thierry Meyssan, auteur du livre « L'effroyable imposture », pour lequel ce n'est pas un avion de ligne qui est tombé sur le Pentagone, mais plutôt un missile bien entendu lancé par les services américains. C'est aussi le cas d'un document vidéo amateur, « Loose Change », réalisé par Dylan Avery et diffusé avec succès sur Internet. Il est possible d'en voir une version sous-titrée en français.

Pour ces deux œuvres, les attentats du 11 septembre 2001 n'en sont pas, ou du moins n'ont pas l'origine qu'on leur attribue. Souvenez-vous des conséquences du 11 septembre telles qu'énoncées au début de ce billet. Pour ces deux auteurs, ces conséquences ne sont pas fortuites, mais étaient voulues par les commanditaires de ces attentats, à savoir les services secrets avec l'aide et la bénédiction du gouvernement des États-Unis d'Amérique. Pour eux, le gouvernement n'a pas hésité à tuer 3000 personnes afin de pouvoir s'attaquer tranquillement aux pays du Moyen Orient, et passer des lois liberticides, avec l'appui de la population américaine (une des spécificités des États-Unis est qu'en cas de coup dur, la population fait en très grande majorité front derrière sont gouvernement, une chose à peu près impensable en France où le gouvernement suscite en premier lieu la méfiance).

Comment fonctionne « Loose Change »

Pour l'auteur de cette vidéo, il s'agit de faire passer l'idée que les explications officielles servent à masquer la réalité, et que celles-ci sont forcément biaisées voire faciles à contredire. Pour cela, il applique une méthode simple : contredire le maximum de points, en indiquant que dans la réalité ça ne se passe pas comme ça, mais plutôt que c'est un coup monté. Pour ce qui est des sources, il n'en fournit pas, mais reporte la recherche de celles-ci sur le spectateur. Au final, ce dernier est noyé sous un tas de petites non argumentations, et il suffit que quelques-unes tombent juste ou semblent plus que crédibles pour que ça rehausse l'apparence de vérité des autres, et donc de l'ensemble de la théorie.

Ajoutez à cela la formidable aide à la diffusion qu'est Internet, et vous obtenez un documentaire ayant énormément de succès.

Contre argumentations à « Loose Change » (et accessoirement à « L'effroyable imposture »)

Il existe un grand nombre de contre argumentations à « Loose Change », plus ou moins complètes. Celle qui à mon avis est la plus complète est présente sur le site Internet Detectives (en anglais). Cette contre argumentation démonte point par point « Loose Change », et contrairement à ce dernier précise ses sources, et fournit photos, dessins et schémas à l'appui.

Autre contre argumentation, celle-ci plus succincte, et lue sur un site dont j'ai perdu l'adresse est la suivante : si le gouvernement des États-Unis n'a pas hésité à tuer plus de 3000 personnes afin de faire passer des lois liberticides, partir en guerre pour le pétrole et augmenter de manière faramineuse les budgets militaires, le simple fait que Dylan Avery soit encore en vie est qu'il se trompe ou bien qu'il ment consciemment. En effet, si on peut tuer 3000 personne sans l'ombre d'un remord, pourquoi ne pas le faire pour la personne qui dénonce nos agissements.

Théorie du complot, un succès prévisible

Bien présenté, un documentaire comme « L'effroyable imposture » ou « Loose Change » ne pouvait qu'avoir du succès. En fait, quasiment toute théorie du complot ne peut qu'avoir un succès plus ou moins important. On a un documentaire qui présente les points suivants :

  • noie les spectateurs sous des tonnes de détails non vérifiés et sans source identifiable, ce qui lui laisse le choix d'y adhérer ou de le rejeter
  • tire à boulets rouges sur le gouvernement qui a passé des lois restreignant les libertés civiles après les attentats. Ce qui était une conséquence (les fameuses lois) devient de facto un but à atteindre.
  • est réalisé par un amateur (pas de sens péjoratif au terme, à prendre en opposition à professionnel). Les grands médias étant supposés (à tort ou à raison) comme assujettis au pouvoir en place, la voix de l'indépendant ou du quidam moyen semble donc plus crédible.

Le gros avantage de la théorie du complot est qu'elle fournit une réflexion pré-mâchée, dans la mouvance du « plus c'est gros, plus ça passe », et jouant sur la fibre du bon peuple contre les dirigeants corrompus ou abusant de leur pouvoir pour augmenter et assoir un peu plus ce dernier. D'autant plus que ce genre de théorie est simple à argumenter : « il est évident que ça s'est passé de telle manière, et si on arrive pas à le prouver c'est parce qu'ils cachent les preuves. »

Plus l'évènement visé est important, moins les gens se satisferont de l'explication officielle, voulant connaitre « la vérité ». Mais quelle vérité ? Est-ce celle qu'ils veulent entendre ? ou bien la façon dont les évènements se sont réellement passés? Seulement, il y aura toujours des insatisfaits, qui refuseront toute explication, parce qu'on cache la vérité, vérité bien entendue dérangeante.