Quand on veut héberger ses propres services, que se soit pour un usage personnel, ou bien pour permettre à d'autres d'en profiter (ce que je fais, voir les liens en haut de page), on est d'abord attiré par les avantages indéniables de la chose:

  • L'apprentissage: installer, configurer des services différents est une grande source d'apprentissage, et encore plus si cela se fait sur des systèmes d'exploitations au sujet desquels on ne connaît rien ou presque.
  • Être son propre maître: si l'on héberge son propre service mail, on est maître de la taille de sa boite aux lettres, des fonctionnalités disponibles. Idem si l'on héberge son propre serveur web, ou DNS, etc. Dans ces cas, on est moins dépendants des services offerts par son FAI.
  • La fierté: Même si ce n'est pas le plus important, le fait de se dire « c'est moi qui l'ai fait, et ça marche » est quand même gratifiant.

En revanche, les avantages ne doivent pas occulter les inconvénients, qui peuvent se révéler pénalisant dans certains cas:

  • Les limitations imposées par son FAI: celui ci peut très bien décider de limiter la bande passante, la quantité de données en émission ou réception, ou bien par exemple bloquer certains port afin de limiter les serveurs domestiques (coucou Télé2 et son blocage du port 25). Et quand bien même ces limites n'existent pas au moment où l'auto-hébergement commence, rien ne dit que ça restera éternellement comme ça.
  • Les risques de coupure de la connexion: les solutions d'accès à Internet grand public ne sont pas à accès et débit garanti. Si un jour votre connexion Internet saute pour une raison ou pour une autre, votre serveur mail ne vous sert plus à grand chose. Si cette coupure dure plus de cinq jours, vous allez commencer à perdre des mails. Ce genre de désagrément est en général de courte durée chez les fournisseurs professionnels, mais plus aléatoire quand les services dépendent d'un accès ADSL ou Cable domestique.
  • La sécurité: si vous êtes consciencieux, ce point peut faire perdre parfois pas mal de temps. En effet, un service mal configuré, ou bien qui n'est pas à jour au niveau du suivi sécurité peut compromettre vos données, ou bien transformer votre si pratique serveur SMTP en si détesté relais à pourriel. Dans mon cas, je prends environ 30 minutes par jour pour faire les mises à jour sécurité si nécessaire, et jetter un oeil sur les rapports journaliers.
  • La bande passante: dans le cas où vous mettez à disposition d'autres personnes des services qui peuvent être lourds en bande passante, vous allez devoir partager celle ci avec les autres. Par exemple, vous avez un serveur mail, avec service POP3 ou IMAP disponible. Si vous devez uploader de gros fichiers vers l'extérieur, les autres utilisateurs vont avoir des problème lors du relevé de leurs mails (forts ralentissement ou indisponibilité passagère). A l'inverse, si un utilisateur relève ses 20 Mo de mails en retard, il va grever votre bande passante, ce qui peut être une gène pour vous. Il est tout de même possible de s'en sortir en limitant la bande passante de certains services (par exemple j'ai limité le trafic POP3 et IMAP en sortie à 128 kb/s sur les 256 que me permettent mon accès ADSL).

Voilà, après c'est à vous de faire votre choix en pesant les pour et les contre. Personnellement je ne regrette rien, cette activité m'ayant permis d'apprendre plein de choses, et je continue à en apprendre encore.