À savoir, le système a été testé sur un MacBook Pro 15,4" Core i5 2,4 GHz équipé de 8 Go de mémoire vive.

L'interface

D'après Apple, ce système est celui pour lequel des apports venus d'iOS sont intégrés. Ces apports se situent principalement au niveau du thème graphique. Ci-dessous vous trouverez des comparaisons entre différents widgets venus de Mac OS X 10.6, et les nouveaux d'OS X 10.7

Widgets classiques

Les ascenseurs ont maintenant un aspect entièrement iOS; les listes déroulantes perdent leur aspect gélule, pour un aspect plus plat, de même pour les boutons. Parmi les autres autres changements de l'interface, les boutons de contrôles de la fenêtre sont maintenant plus petits, et les fenêtre peuvent être redimensionnées depuis n'importe quel angle ou n'importe quel bord. De plus, leurs deux angles inférieurs deviennent arrondis.

Un des nouveaux apports venant d'iOS est la reprise du comportement du glisser au doigt de l'iPhone / iPad à l'aide du défilement à deux doigts ou de la molette de la souris. Je m'explique :

  • Avec Mac OS X avant la version 10.7 (et tout autre système d'exploitation), la molette (et simulation de molette avec deux doigts sur le trackpad) contrôle l'ascenseur de la fenêtre : molette roulant vers le bas => ascenseur glissant vers le bas et contenu de la fenêtre glissant vers le haut; molette roulant vers le haut => ascenseur glissant vers le haut et contenu de la fenêtre glissant vers le bas.
  • Avec OS X 10.7, la molette contrôle le contenu de la fenêtre : molette roulant vers le bas => ascenseur glissant vers le haut et contenu de la fenêtre glissant vers le bas; molette roulant vers le haut => ascenseur glissant vers le bas et contenu de la fenêtre glissant vers le haut.

Ce nouveau comportement est bien entendu complètement contraire à tout ce qui se fait ailleurs, et par la même extrêmement perturbant. Il est heureusement possible de désactiver ce comportement dans les préférences trackpad du système. Autant sur un iPad ou sur un iPhone ce comportement est logique dans le sens où l'on manipule directement la page avec le doigt, autant quand on doit passer par un périphérique tiers (souris ou trackpad), les habitudes sont complètement perturbées.

Autre changement alakon venu d'iOS : comme la gestion du multitâche sur iPhone / iPad qui n'indique pas si une application tourne ou bien est juste dans la liste des applications dernièrement lancées, le petit signal lumineux sous une icone du Dock indiquant que l'application est en fonctionnement n'est plus affichée par défaut. Là aussi, il reste possible de revenir au comportement classique via les préférences du Dock. Ce changement est dû au fait qu'OS X Lion est maintenant capable de fermer discrètement une application qui est inactive, et la relancer immédiatement si l'utilisateur cherche à y accéder. Dans ce cas, il est possible de considérer que la notion d'application ouverte ou fermée n'a plus de sens.

Toujours dans les apports d'iOS, il y a « LaunchPad ». Rien à voir avec un simulateur de lancer d'iPad, il s'agit de lister les programmes installés sur la machine à la façon du Dashboard de l'iPhone / iPad, regroupements d'applications compris. Je cherche encore la plus value par rapport à l'affichage direct du dossier Applications dans le Finder, ou bien l'utilisation de Spotlight pour lancer rapidement une application.

Enfin, les badges sur les icônes du Dock (pour les messages non lus, par exemple) reprennent la présentation iOS. Cette nouvelle présentation me laisse l'impression d'être moins lisible que la précédente.

Badge

Parmi les changements mineurs, Exposé est remplacé par « Centre de contrôle », qui est un mélange d'Exposé, donnant aussi un accès au Dashboard, aux applications en plein écran, et aux différents bureaux de Space. À première vue, ça me semble être une fonctionnalité plutôt intéressante, même si la gestion de fenêtres multiples pour une même application est à améliorer (elles sont présentées sous forme de pile). De plus, chaque bureau Space peut avoir son fond d'écran.

Côté Dashboard celui-ci a son écran dédié et n'apparait plus par dessus les applications. Ah oui, et le fond d'écran par défaut n'est plus cette nébuleuse aux couleurs hyper-saturées, mais une galaxie spirale, dans des teintes assez saturées elles aussi (ça sent l'argument de vente pour les dalles brillantes : achetez nos écrans et devenez aveugles en 5 minutes chrono).

Les nouvelles fonctionnalités

Un ajout bienvenu est la sauvegarde de la session lors de la fermeture de cette dernière ou du redémarrage de la machine. Une fois la session ouverte à nouveau, toutes les applications précédemment lancées le seront à nouveau automatiquement, avec les fenêtres gardant la même position.

Sauvegarde de session

Cette fonctionnalité, appelée « Reprise », fonctionne aussi avec les applications qui sont développées pour en tirer partie. Par exemple, ouvrez TextEdit, commencez à saisir du texte, puis fermez l'application sans sauvegarder. Lancez la à nouveau, et vous retrouvez automatiquement le texte précédemment saisi.

Une autre fonctionnalité est « Auto Save ». Chaque modification est automatiquement sauvegardée à la fermeture de l'application. Pour éviter de pourrir accidentellement un document, il est possible de verrouiller ce dernier afin qu'Auto Save soit désactivé. De plus, au bout de deux semaines sans édition du document, ce dernier est automatiquement verrouillé.

Mais pour ne pas risquer de perdre le document original avec des modifications de test, la fonctionnalité « Versions » vient à la rescousse. Un simple accès au menu « Fichier / Revenir à la version enregistrée » lance une interface à la Time Machine qui présentera l'ensemble des versions anciennement enregistrées du document, en image ci-dessous (version N-1 par rapport au document actuel, puis version N-2 qui est le document d'origine). Cette fonctionnalité permet aussi d'effectuer des copier / coller entre une version précédente et la version courante du document.

Version N-1

Version N-2

Bien entendu, les trois fonctionnalités précédentes (« Reprise », « Auto Save » et « Version ») ne fonctionnent qu'avec les applications conçues pour en tirer partie. Sans cela, elles auront le comportement classique.

Plus ou moins lié à la fonctionnalité précédente, Time Machine gère maintenant les sauvegardes locales : lorsque le disque Time Machine n'est pas accessible, le sauvegardes se font sur le disque local. Et lorsque le disque Time Machine redevient disponible, les sauvegardes locales et Time Machine sont fusionnées.

La recherche Spotlight depuis la barre de menu a subi quelques modifications esthétiques. Tout d'abord, les résultats des documents textuels (code source, document Excel, etc.) présentent un extrait du contenu sous le nom du résultat. De plus, pour les résultats de la recherche s'y prêtant, mettre en surbrillance ce résultat affiche son aperçu latéralement à la liste.

Recherche Spotlight

Parmi les évolutions de fonctionnalités des versions précédentes, il y a le remplacement de FileVault, qui protégeait le dossier utilisateur en le plaçant dans une image disque chiffrée, par un chiffrement complet du disque. Activer cette option rend la partition chiffrée non accessible de l'extérieur, et nécessite un mot de passe pour pouvoir démarrer dessus.

Sous le capot

Il y a quelques changements sous le capot. Cette dernière mouture du félin n'accepte plus de démarrer que sur les machines à processeur Intel 64 bit. Exit donc les premières générations de MacIntel à base de processeur Core Duo. L'ensemble des applications fournies avec le système restent compilées en 32 bit et 64 bit, à l'exception du lecteur DVD et Grapher qui sont uniquement en 32 bit.

Le noyau système est maintenant par défaut en 64 bit.

Côté préférences systèmes, il y a eu un (nouveau) remaniement des icônes, mais rien de bien perturbant.

Les applications sous Lion peuvent (si faites pour) fonctionner dans un mode « bac à sable », où tout peut ne pas leur être autorisé. Ces limitations sont définies lors du développement de l'application. Il est possible de faire apparaitre une colonne « Environnement contrôlé » dans le moniteur d'activité afin de connaitre les applications qui tirent partie de cette fonctionnalité.

Environnement contrôlé

Une minute de silence pour les disparus

À l'installation, Rosetta (l'émulateur PowerPC) n'est maintenant plus installé, sans possibilité de le faire ultérieurement. Il est donc maintenant impossible de lancer d'applications compilées pour PowerPC.

Plus de Rosetta

Autre ajout à la rubrique nécrologique, Front Row fait aussi partie des applications n'apparaissant plus avec cette nouvelle version du système, de même qu'iSync.

Les applications fournies

  • Carnet d'adresses : Il devient moche, très moche. Représenté à la façon d'un carnet d'adresse du monde réel, c'est un échec sur toute la ligne.
  • Dock : Comme mentionné précédemment, le Dock n'affiche plus par défaut l'indicateur d'application lancée. Sinon, il reste identique à celui de la version précédente de l'OS.
  • iCal : Juste deux mot : enfin une vue annuelle, et malheureusement un gâchis visuel (à la Carnet d'adresses) avec une nouvelle interface à la façon agenda cuir.
  • Facetime : Une application de chat vidéo, permettant de converser entre Mac / iPhone / iPad. Pourquoi ne pas l'avoir directement intégré à iChat ? Et pourquoi se cantonner à la plateforme d'Apple ?
  • Finder : De nouvelles icônes dans la barre latérales toutes grises, quelques filtres prédéfinis en plus, et la possibilité de grouper les fichiers par type, application d'ouverture, date de modification, etc. Le finder intègre aussi AirDrop, qui permet de s'échanger facilement des fichiers à travers le WIFI (et entre Mac… équipés d'OS X 10.7…). Sinon, QuickLook est maintenant sur fond blanc et non plus noir (« C'est une révolution », Steve J.)
  • Mail : Une interface à la Mail pour iPad ( = grise), un nouveau mode conversation, et une présentation en 3 colonnes qui tire mieux profit des écrans larges. Pour être honnête, j'ai été dubitatif au premier abord, mais cette nouvelle mouture de l'application se révèle très agréable à l'usage. L'application propose aussi un mode plein écran.
  • Safari : Passage en version 5.1 pour cette application. À la façon de Google Chrome, Safari lance maintenant un processus par onglet ouvert afin d'éviter les crashs globaux si le contenu d'un onglet s'avère problématique. Il y a aussi la possibilité d'un passage en mode plein écran. Une nouvelle fonctionnalité fait son apparition : il s'agit de la liste de lecture. Il est possible de sauvegarder des URLs que l'on souhaite consulter ultérieurement. Dans tous les cas, tant qu'il n'y a pas de fusion de la barre d'adresse et de celle de recherche, je vais continuer à laisser Safari prendre la poussière dans son coin.

Outils de développement

Pour les développeur Java, une fausse frayeur : aucun JRE / JDK n'est pas défaut installé. En revanche, le premier appel au JDK propose l'installation de ce dernier.

Proposition d'installation de Java

Une fois ce dernier installé, c'est un bon vieux JDK 1.6 des familles qui répond à l'appel.

Pas de Java installé par défaut

Du coté de XCode, celui-ci n'est plus fourni avec le système. Si vous le voulez, soit vous l'obtenez gratuitement sur le Mac App Store, soit vous prenez un compte développeur payant à 79 € par an (qui vous laissera la possibilité de distribuer vos applications sur la boutique d'Apple).

Conclusion

Par rapport à son prédécesseur, Lion est une évolution apportant des remaniements de l'interface utilisateur, ainsi que de nouvelles fonctionnalités sous le capot plutôt bienvenues (Auto Save, Reprise, Centre de contrôle...).

Est-il donc utile pour un utilisateur lambda de passer à Lion ?

  • Si vous êtes satisfaits de votre version actuelle du félin, autant ne pas changer (c'est valable dans tous les domaines d'ailleurs).
  • Si votre ordinateur ne correspond pas aux pré-requis nécessaires (processeur Intel 64 bit), ben… pas de Lion pour vous.
  • Si vous êtes équipé de Mac OS X 10.5 : Lion n'est pour le moment disponible que sur le Mac App Store.
    • Ou bien vous passez avant à Mac OS X 10.6, dans ce cas il va vous falloir vous tourner vers le marché de l'occasion pour le trouver, et au final, il n'est pas garanti que financièrement le jeu en vaille la chandelle.
    • Ou bien vous attendez le mois d'août. À ce moment, Apple vendra des clés USB permettant d'installer OS X Lion, pour 59€.
  • Si vous êtes équipé d'une connexion bas débit ou de mauvaise qualité, soit vous attendez le mois d'août, soit vous essayez de déplacer votre ordinateur là où le flot de données coule plus vite.
  • Si vous ne correspondez pas aux situations ci-dessus, foncez ! Franchement, pour 24 €, vous n'allez pas faire le difficile ?