Avant propos

Tout d'abord, posons un postulat essentiel : je suis un agnostique du système d'exploitation. Entendez par là que je ne suis ni pour ni contre un système en particulier : il n'y a pas de bon ou de mauvais système dans l'absolu (à part peut-être Windows Me), il n'y a que des systèmes qui sont les plus proches des besoins des utilisateurs. Et comme il existe autant de besoins que d'utilisateurs, il n'y a pas de système d'exploitation ultime et apte à remplacer tous les autres. De plus, ces mêmes besoins peuvent changer au cours du temps, et donc le système d'exploitation en faire autant. Bref, vous ne me verrez pas ici jouer dans la cours des gamins et des fanboys du club des adorateur de Steve Jobs. Et s'il y en a parmi vous, vous pouvez arrêter de lire ici, je ne compte pas suivre la ligne du Parti.

Pour en revenir à l'adéquation entre les besoins et les systèmes d'exploitation, certains seraient tentés de découper les besoins globaux en trois grands groupes, basés sur les trois système majeurs d'aujourd'hui :

  • Windows pour les joueurs
  • Linux (et autres systèmes libres) pour les développeurs
  • Mac OS X pour les graphistes, musiciens, bref, les artistes / créateurs (Dieu, s'il existe, avait-il un Mac ?) au sens large.

Non seulement ce classement est incomplet, mais en plus il manque quelques catégories à l'ensemble : bureautique, utilisation en media center, etc. À l'exception des joueurs pour lesquels les autres systèmes manquent de matière première, les autres catégories sont parfaitement adaptables à n'importe quel système. Par exemple, la boîte où je travaille à dans la catégorie « développement » plusieurs types de machines : des Mac, des PC sous Windows, des PC sous Linux. Et tout le monde fait son travail sans difficulté et cohabite le plus tranquillement possible du monde.

D'avant à maintenant

J'ai découvert Mac OS un peu par curiosité. C'était à mon époque « geek célibataire », ou juste un peu après, bref en 2001, où j'essayais de trouver plein d'architectures différentes de l'habituel x86 pour y découvrir d'autres systèmes d'exploitations, mais sans intention de remplacer ma machine courante. J'ai fini par acheter d'occasion un vieux PowerMac 7200, une des premières machines équipées d'un processeur PowerPC, et d'un vénérable Mac OS 7. Bien entendu, l'ordinateur était lent, le système n'autorisait pas beaucoup de choses en plus d'être complètement obsolète. J'ai gardé cette machine pendant 3 ans, en l'allumant de temps en temps juste pour le fun. Pour être plus précis, elle avait tendance à prendre la poussière, en plus d'encombrer un coin du bureau. Il n'empêche que Mac OS avait titillé ma curiosité.

Arrivé en 2004, j'ai eu l'occasion par un ami de récupérer gratuitement un PowerMac G3, de la génération précédent celles des machines colorées. L'ordinateur étant plus moderne, j'ai pu y installer une version de Mac OS X 10.2 « Jaguar ». La machine était relativement utilisable, même si elle manquait de souffle sur certaines tâches qui n'auraient pas fait peur à un ordinateur moderne. À cette époque, mon ordinateur principal tournait sous Linux, et les racines BSD de Mac OS X me plaisaient tout particulièrement, sans compter sur l'interface relativement eye candy. De plus, je commençais à cette époque à me chercher un portable qui seconderai ma machine principale pendant mes déplacements et là le déclic s'est produit : pourquoi pas un Mac ? C'est là que l'enchaînement sordide à commencé : un iBook en 2004, l'abandon de mon PC en 2005, un MacBook en 2006 et un MacBook Pro en 2008. Et pendant ce temps, j'ai vu défiler Mac OS X 10.3 « Panther », Mac OS X 10.4 « Tiger » et Mac OS X 10.5 « Leopard ».

Pour résumer, ce que j'aime

Tout d'abord, ce qui saute (littéralement) aux yeux quand on parle de Mac (machine ou système d'exploitation), c'est l'aspect visuel. Bien entendu, on aime ou on aime pas, tous les gouts étant dans la nature, mais force est de reconnaitre que l'aspect visuel d'un produit Apple est reconnaissable entre mille. Une légende dit que contrairement à ce qui se passe chez les autres constructeurs, ce ne sont pas les designers qui s'adaptent aux contraintes des ingénieurs, mais l'inverse.

Côté système d'exploitation, Apple a su ajouter de petits effets d'animations et de transitions qui agrémentent l'utilisation du système sans être tapes à l'œil (transitions pour l'apparition d'Exposé ou le Dashboard, fondus sur diverses notifications, l'effet vaguelette lors de l'ajout d'un widget dans le Dashboard, etc.). L'interface même est aussi sobre et sait se faire oublier.

Côté matériel, hors design général, on peut apprécier certains soins dans les détail : la fermeture magnétique sur les MacBook, la fermeture semi-magnétique sur les MacBook Pro, le connecteur Magsafe (qui a sauvé plusieurs fois mes machines) sur les portables, le clavier rétro-éclairé, l'agencement intérieur des Mac Pro, etc. Ce sont à chaque fois des petits trucs tout bêtes, auquel on ne pense pas au premier abord, mais qui parfois manquent quand on passe sur une autre machine.

Enfin, d'un point de vue environnement informatique, c'est principalement l'intégration entre leurs différents logiciels qui est attrayante. La plupart des applications Apple peuvent faire appel aux services d'autres applications de manière transparente. De même, il y a une intégration poussé entre différentes machines et logiciels Apple, ainsi que services, dans ce qu'Apple appelle le « Hub Numérique » : iTunes / iPod / iPhone / AppleTV, ou iTunes / iCal / Carnet d'adresse / iPhoto / Mobile Me / iPhone, etc.

D'un point de vue plus anecdotique, il y a les bases Unix du système qui me plaisent aussi énormément, en plus de me faciliter la tâche dans mon travail quotidien de développeur. De plus, l'ajout de X11 permet d'utiliser des applications qui à la base n'étaient pas prévues pour Mac OS X (à condition d'en avoir les sources, bien entendu).

Pour résumer, ce que je n'aime pas

L'intégration entre les différents logiciels (et matériel) est parfois trop poussée, principalement dans le domaine du « Hub Numérique ». Il ne faut pas y voir de contradiction avec ce que je dis au dessus. En un sens, c'est une force, mais c'est aussi une contrainte. Exemple typique : avec mon iPhone, je suis condamné à rester sous Mac OS X (ou au pire Windows) si je souhaite continuer à le gérer : en dehors de Mac OS X et Windows, point d'iTunes, point de MobileMe, etc.

Enfin, l'autre souci chez Apple, c'est la trop grande ségrégation entre les gammes matérielles. Côté portable, c'est soit une gamme à 1000 euros minimum (MacBook), soit une gamme à 1800 euros minimum (MacBook Pro). Entre les deux, rien, si ce n'est des options en plus sur le MacBook mais qui ne sont que superficielles (fréquence processeur, taille mémoire et disque dur). Sans compter l'ignoble graveur CD sur le MacBook premier prix. Je me demande encore où ils arrivent à les trouver. De même côté machines de bureau : l'indigent Mac Mini pour (presque) pas cher, l'iMac au rapport qualité prix correct mais pas évolutif pour deux sous, et le bien cher Mac Pro. Une petite tour évolutive pour pas trop cher, quelque chose qui permette de changer tout ou une partie de sa machine sans avoir à changer son écran (à l'inverse de l'iMac), mais sans coûter le prix d'un rein (à l'inverse du Mac Pro).

Autre truc marrant avec Apple (bon, cinq minutes, après on y fait plus attention) : c'est le marketing. Faites un tour sur leur site web, dans les sections décrivant leurs produits. On pourrait presque croire qu'ils ont acheté tout un stock de superlatifs et qu'ils se dépêchent de les écouler avant qu'ils ne valent plus rien.

Enfin, il y a la « communauté » des utilisateurs de Mac… C'est simple, j'ai l'impression de voir des libristes fanatiques en plus imbuvables. Ils ne sont pas tous comme ça, heureusement, mais il s'en dégage de par la faute de quelques cas gratinés une impression de personnes à l'égo surdimensionné dont la supériorité viendrait de l'utilisation d'une machine avec une pomme dessus. Sans compter que pour eux, le moindre changement de police sur une touche du clavier est soit révolutionnaire venant d'Apple, soit moche à gerber (si jamais c'est fait avant Apple) ou clairement une honteuse repompe, en moins bien, du génie d'Apple (dans le cas où c'est fait après Apple) de cette même modification si elle vient du camp d'en face. Exemple typique ; l'iPhone. Avec la version en EDGE, Apple avait tout compris, la 3G était inutile et l'EDGE amplement suffisant, pour ne pas dire plus rapide que les téléphones 3G de la concurrence. Avec la version 3G, Apple à tout compris, la 3G est devenue subitement géniale, et en plus l'iPhone 3G est plus rapide que les téléphones concurrents.

Le petit mot de la fin

Avec les défauts mentionnés, on pourrait presque s'étonner que je sois un utilisateur des produits de la marque. C'est pourtant simple : dans les produits proposés, j'arrive à trouver ceux qui me contentent, j'arrive à sauter trois mots sur quatre dans les descriptifs Apple (bref, je vais directement à la fiche technique), et en ce qui concerne la « communauté » Mac, j'évite de lire les commentaires des utilisateurs (réponses aux news et forums). À la rigueur, si le sujet est bien polémique, je vais les lire afin de rigoler un bon coup. Bref, si je suis utilisateur de solutions Apple, c'est tout simplement parce que la somme de ce que j'y aime est supérieure à celle de ce que je n'y aime pas. Et puis, il faut bien l'admettre, j'ai plaisir à utiliser ces outils.