Le contexte

Pour situer rapidement, la distribution utilisée est Gentoo Linux. J'avais déjà essayé la Mandrake, mais celle ci ne me convenais pas, les évolutions des logiciels intégrés ne se faisant qu'avec les nouvelles versions de la distribution. Un essai aussi d'une Debian ne m'a pas convaincu non plus, ayant trouvé le gestionnaire de paquetages dselect assez imbittable. Il va sans dire que tout ce que je viens d'énoncer n'est que mon vécu personnel, d'autres personnes pouvant très bien avoir un avis totalement inverse. Chaque distribution a ses avantages comme ses défauts, à chacun de choisir selon ses convenances.

Donc, à l'époque, je maitrisais plutôt convenablement le système FreeBSD. La Gentoo gérant l'installation des logiciels et de son système de base à la manière BSD (c'est à dire à l'aide d'une arborescence mise à jour en permanence contenant de quoi installer les logiciels: récupération des sources, application de divers patches, compilation, installation), et comme FreeBSD était exclu de mon poste de travail pour quelques incompatibilités matérielles, c'est vers cette distribution que je me suis tourné.

L'installation proprement dite s'est déroulée sans problème majeur, celle ci est très proprement documentée. En revanche, étant basée sur la compilation du système, elle a durée pas mal de temps (je possédais à l'époque une machine basée sur un AMD Duron 750). Depuis, cette distribution me suit tranquillement.

Les résultats

Un défaut que je trouve aux distributions Linux, dans une moindre mesure pour les BSD, c'est que le système de base est un ensemble d'outils qui évoluent séparement : un noyau Linux, auquel on ajoute les coreutils GNU, auquel on ajoute... Ca me laisse plus une impression de bricolage, même si ce bricolage fonctionne très bien. Ce défaut est moins présent pour les BSD libres, l'ensemble kernel + userland évoluant de manière synchrone.

Autre défaut, mais cette fois d'un point de vue esthétique, c'est le manque de cohérence au niveau graphique. Telle application utilisera Qt pour son rendu, telle autre utilisera GTK/GTK2, encore une autre se servira de Motif. Au final ça donne une apparence assez décousu, au contraire de l'apparence uniformisée des applications Windows ou Mac OS. Certes, les distributions dites « commerciales » ont tendance à utiliser un thème commun pour les différents moteurs de rendu, ceci afin d'atténuer les différences. Certes, ce foisonnement de moteurs de rendus, d'interface permet à chacun de se faire son système mitonné aux petits oignons. Mais personnellement, ça me laisse une impression d'inachevé.

Gros avantage, Linux m'a permis d'avoir un système qui fait ce que je lui demande (je ne suis pas exigeant: je ne joue pas, je ne fais pas de montage vidéo, etc.), et tout ça pour pas un rond. Côté rapport qualité / prix, c'est imbattable. De plus, l'aspect découverte a été le facteur principal de mon adoption du système.

Depuis quelques temps, j'ai tout migré de ma machine vers mon portable sous Mac OS X. Ca me permet d'avoir un bureau mobile. Du coup mon poste de travail Linux est plutôt délaissé, et ne sert maintenant qu'à faire tout ce que je ne peux/veux pas faire avec le portable: gravure DVD (je n'ai qu'un combo sur le portable), backup des paramètres et données des différents serveurs du réseau, serveur de fichiers, et autres activités demandant un minimum de puissance (un Pentium 4 Hyperthreading 2,8 GHz avec 512 Mo de DDR-SDRAM PC3200 en double canal pour le fixe, un PowerPC G4 1 GHz avec 768 Mo de DDR-SDRAM PC2100 en simple canal sur le portable). Cette migration n'a pas été un abandon de la plateforme Linux, je n'ai aucunement l'intention de l'abandonner. Mais il faut bien avoué que cet aspect bazard à perdu pas mal de son attrait pour moi.

Pour résumé, Linux a été une expérience enrichissante, et si s'était à refaire, je n'hésiterai pas une seconde. En revanche, je ne suis pas sûr qu'il soit pertinent de le proposer à l'utilisateur commun (hors entreprises où la maintenance du système est effectuée par les services compétents). Le manque de support pour les périphériques divers et variés, ainsi que le manque d'applications commerciales comme de jeux peuvent être un frein à l'adoption du système. Au contraire, pour l'utilisateur exigeant qui sait ce qu'il veut faire de sa machine, qui prend le temps de vérifier que les applications dont il a besoin existent, et qui est motivé, ce système est un choix à mettre en concurrence avec les autres.

Par ordre croissant de préférence personnelle des différents systèmes

  • pour un usage domestique, j'utiliserais
    1. Mac OS X (agréable, base Unix, nombreuses applications, belles machines)
    2. Linux / FreeBSD (sous réserve de compatibilité matérielle, pas cher, customisable)
    3. Windows (nombreuses applications, pilotes de périphériques)
  • toujours pour un usage domestique, je conseillerai à un utilisateur moyen (mon père, tata Monique)
    1. Windows (grande base utilisateur, nombreuses applications et pilotes périphériques, support)
    2. Mac OS X (simplicité d'utilisation, nombreuses applications)
    3. Linux / FreeBSD (pas cher, pour personnes motivés, manque malheureusement d'applications commerciales)