Le RAW, quelques rappels

Le format de fichier RAW est un format d'image qui correspond au négatif de l'appareil photo argentique. Il s'agit des données brutes du capteur, sans aucun traitement préalable, du moins en théorie. Dans le cas du Nikon D50, chaque pixel est codé sur 12bits, et le résultat final compressé, afin de gagner de la place sur les cartes mémoires. Avec ce traitement, l'image n'occupe plus que 5 Mo. Sans compression et en gardant une profondeur de 32 bits par pixel, l'image résultante ferait 19,5 Mo (dans le cas d'un capteur 6 megapixels, en 3008x2000). Donc on a une qualité quasiment équivalente (les pertes ne sont pas visibles à l'œil nu) pour une image quatre fois moins grosse.

En format RAW, comme je le disais, aucun traitement qualitatif n'est effectué sur la photo. En clair, les réglages d'exposition, saturation, balance des blancs, etc. ne sont pas appliqué à l'image résultante, mais sont simplement des marqueurs qui permettront au logiciel de traitement d'image d'interpréter ces résultat pour l'affichage à l'écran.

Présentation du logiciel

Une fois déboursé le ticket d'entrée de 150 euros environ (une version complète mais limité à 30 jours est disponible pour Mac OS X ou Windows), et le logiciel installé puis lancé, voici ce qui ce présente à vous :

Interface de Nikon Capture NX

L'interface est divisée en 3 parties:

  • À gauche, l'interface de navigation et de gestion des données des photos. Côté « Navigateur », il est possible de naviguer dans l'arborescence du disque pour aller chercher les photos à ouvrir, ou bien de naviguer entre divers répertoires prédéfinis. Côté « Répertoire de fichiers », il s'agit de définir des répertoire préférés, qui seront accessible dans la partie « Navigateur ». La partie « Paramètre de l'appareil photo » liste les données EXIF de la photo courante. Enfin, la partie « Informations IPTC » permet de modifier les données IPTC de la photo courante.
  • En haut, la barre d'outils sur laquelle je reviendrait plus tard.
  • À droite, la vue globale de l'image, la liste des modification apportées à l'image, et l'histogramme.

Les réglages de base

Réglages de l'appareil

Capture NX : réglage de l'appareil

Ces réglages permettent tout simplement de modifier les paramètres de prise de vue tels que défini sur l'appareil photo numérique. Là aussi, il ne s'agit de ne changer que le marqueur afin que Capture NX interprète ce réglage de manière idoine. Le marqueur présent d'origine dans le fichier RAW est préfixé par un astérisque, à part pour le réglage de la balance des blanc où il est indiqué par le texte « Valeur enregistré ». Si vous souhaitez désactiver rapidement une modification de réglage, il suffit de décocher la case à droite de ce réglage.

Réglages RAW

Capture NX : réglage RAW

Les réglages RAW permettent d'effectuer quelques corrections diverses sur l'image : correction d'exposition dans le cas de photos sous-exposées ou sur-exposées, réglage de teintes dont je n'ai pas compris l'utilité, réduction du moiré qui peut apparaitre sur des quadrillages fins ou lointains, aberration chromatique (qui apparait parfois en bordures d'objets sous la forme d'une fine frange colorée, tirant vers le rouge ou le violet selon le côté), puis correction des poussières.

Pour ce dernier, il faut savoir que le changement répété d'objectif peut entrainer à la longue le dépôt de poussières sur le capteur, poussières qui apparaissent ensuite sur la photo sous la forme de taches sombres et floues. La fonction de correction de poussière est la suivante : il faut d'abord prendre une photo sur un fond blanc qui soit le plus lumineux possible afin que les poussières se remarquent bien. C'est cette photo qui servira de « mètre étalon » pour la détection de poussière. En utilisant cette fonction, le logiciel va demander l'emplacement de la photo étalon, détecter les emplacements de poussières, et supprimer ces mêmes poussières sur la photo à traiter. Bien entendu, enlever les taches des poussière ne restaurera pas les détails perdus, mais sur un ciel bleu la correction passera inaperçue.

Réglages lumière & couleur

Capture NX : réglage lumières & couleurs

Cette série de réglages touche à la colorimétrie de l'image. À l'exception des réglages « LST » et « Niveaux & Courbes » que je n'ai jamais su utiliser, les réglages disponibles ont les effets suivants :

  • « Équilibre colorimétrique » : ce réglage permet de corriger / modifier les balances de couleur, ainsi que la luminosité et contraste de la photo.
  • « Amplificateur de saturation » : ce réglage permet d'augmenter la saturation de l'image afin d'obtenir des couleurs plus vives. Une option permettant de ne pas toucher aux peaux est disponible.
  • « D-Lighting » : ce réglage permet d'augmenter la dynamique de l'image, ce qui peut servir à déboucher certaines ombres ou bien essayer de rattraper des blancs brulés par une exposition un peu trop longue.
  • « Effet photo » : ce réglage permet de faire quelques changements sur des photos, comme les convertir en noir et blanc, en teint sépia, etc.

Réglages des détails

Capture NX : réglage des détails

Cet ensemble de réglages permet d'effectuer des modification qualitatives sur l'image courante. La réduction du bruit permet de corriger le bruit de l'image présent lors d'une prise de vue à haute sensibilité. En revanche, cette correction entraine un léger flou et une perte de détails. Donc à manipuler avec précautions. Le masque flou permet d'adoucir ou rendre plus nette une image selon les réglages. Enfin, la correction des yeux rouges automatique permet de corriger automatiquement ce défaut d'image parfois présent lors de prises de vue au flash.

Réglages de l'objectif

Capture NX : réglage de l'objectif

Le seul réglage disponible dans mon cas est le contrôle du vignetage, permettant de corriger le problème du même nom. Ce problème correspond aux coins de l'image plus sombres que le centre, dûs à une mauvaise optique ou bien un pare-soleil faisant ombre.

Concernant le réglage « Objectif Fisheye », celui-ci ne doit être disponible que lors de l'utilisation d'objectif du même type. Quand à ses effets, mystère…, ceux ci sont décrits dans le commentaire de Julien.

Les réglages fins : les points de contrôle

Point de contrôle blanc

Si l'on veut augmenter la dynamique de l'image, il est donc possible soit d'utiliser la fonction « D-Lighting » vue plus haut, soit de jouer manuellement sur les points de couleur pour un réglage fin. Le premier point de contrôle pour ce faire est le point blanc. Ce point est à placer sur la partie la plus blanche de l'image afin de déterminer le niveau lumineux le plus bas. Il est possible une fois ce point placé de jouer sur la luminosité de celui-ci (dans une plage de « 87% » à « 100% ») si le point le plus blanc n'est pas assez lumineux afin d'éviter de bruler les hautes luminosités.

Point de contrôle noir

De la même manière, il est possible de placer un point de contrôle noir afin de définir le niveau lumineux le plus noir. Là, la plage de luminosité s'étend de « 0% » à « 15% ».

Point de contrôle neutre

Le point de contrôle neutre à pour but d'aider à la définition de la balance des blancs de la photo. En théorie, il faut le placer sur un élément de la photo qui soit un gris neutre. Sauf que dans la vraie vie ce genre d'élément est peu aisé à trouver. L'autre solution est de cacher sur la scène une charte gris neutre sur laquelle on placera le point de contrôle neutre. Par exemple, il est possible d'utiliser la charte DigiGrey de Kodak, testée sur le site Cuk.ch. En revanche, cette solution nécessite de pouvoir préparer la scène avant, et interdit donc les photos prises sur le vif.

Point de contrôle de couleur

Le point de contrôle de couleur n'a rien à voir avec la fonctionnalité de « D-Lighting », mais permet plutôt d'accentuer certaines caractéristiques de portions de l'image. Par exemple, si sur une photo je tiens à faire ressortir les couleurs d'un objet en particulier, il me suffit de placer un point de contrôle de couleur sur cet objet, puis de régler la saturation de ce point de contrôle. Le logiciel trouvera tout seul comme un grand les limites de l'objet afin d'éviter d'en déborder. Comme trois images valent mieux qu'un long discours, voici la fonction de point de contrôle de couleur en action.

Prenons la photo suivante Capture NX : point de contrôle couleur - avant application

Trouvant que la photo ne rends pas hommage à la fourrure flamboyante de ce fauve au regard de tueur, et souhaitant qu'il ressorte plus au détriment du reste, il faut que je place un point de contrôle couleur sur le chat, et que j'en augmente la saturation. Il m'est aussi possible de jouer sur la portée du point de couleur afin d'éviter qu'il ne déborde du sujet à traiter.

Capture NX : point de contrôle couleur - portée du réglage

Ici, j'exagère volontairement la saturation pour l'exemple, et la place à « 30% ». Le résultat est donc le suivant

Capture NX : point de contrôle couleur - après application

Comme j'ai réglé la porté à la louche, le reste de la photo est légèrement touché par la saturation, mais moins que la fourrure du chat.

Les autres corrections

D'autre corrections sont disponibles :

  • Le point de contrôle des yeux rouges (non testé). Si je comprends bien le fonctionnement, il suffit de le placer sur les yeux rouges afin de corriger ce défaut. Il doit servir à compenser une correction automatique qui aurait été inefficace.
  • Outil de recadrage. Cette fonction permet de recadrer une photo afin d'isoler les éléments intéressants. En appuyant sur la touche <ctrl> lors du recadrage, il est possible de spécifier des proportions à respecter, ce qui peut permettre de respecter le ratio largeur/hauteur de la photo originale facilement. Par exemple, dans le cas d'une photo prise avec le D50 avec la résolution maximale, choisissez les proportions personnalisées 3008x2000 en paysage ou 2000x3008 en portrait si vous souhaitez garder la même échelle que la photo d'origine. Astuce : pour appliquer le recadrage, valider avec la touche <Entrée>. Je l'ai cherché pendant quelques temps.
  • Outil « Redresser ». Cet outil permet de redresser une photo où l'horizon « penche ». Ce genre d'erreur fréquente est fréquent sur les D40 et D50 qui sont dépourvu d'une grille de visée. Pour utiliser cet outil, il suffit de tracer une ligne sur l'horizon, et la photo est automatiquement redressée. Si l'on a pas d'horizon visible, il est aussi possible de choisir une ligne verticale.

Divers

Afin de vous aider dans votre tâche, Capture NX possède quelques fonctionalitées utiles.

Tout d'abord, il est possible de définir des répertoire favoris ayant un accès plus rapide. Dans la vue de l'arborescence disque, il suffit de sélectionner un répertoire afin que ce dernier soit placé dans la liste des favoris. Il est ensuite possible de naviguer rapidement entre les favoris.

Dans le navigateur de fichier, l'utilisateur à la possibilité d'appliquer des étiquettes aux images. Ces étiquettes sont par défaut « Bon », « Probable » et « Mauvais ». S'il est possible de changer le nom des étiquettes, il est en revanche impossible de dépasser les 9 étiquettes au total.

Dans le cas où vous avez une série photo ayant été prises dans les même conditions et pour lesquelles les retouches à effectuer sont les mêmes, il est possible d'effectuer les réglages sur une photo, d'enregistrer ces derniers puis de les appliquer à un ensemble de photos. Ça peut apporter un gain de temps très appréciable.

Dans le cas où vous enregistrez vous images au format NEF (le format RAW de Nikon), toutes les réglages sont enregistrées au sein de la photo, et réversibles en totalité ou partiellement lors d'une réouverture ultérieure de celle-ci. En revanche, cet historique est relativement gourmand en terme d'occupation disque. Il semblerait que Capture NX enregistre en même temps que les réglages les aperçus de ceux-ci. Résultat, un NEF sorti de l'appareil photo fait 5.6 Mo (cas du Nikon D50); une fois des réglages effectués puis enregistrés, la photo passe à 8 Mo.

Capture NX n'est pas limité à l'édition des fichiers RAW, mais prend aussi en compte les fichiers JPEG. En revanche, les possibilités sont plus limités dans ce dernier cas : les réglages RAW ne sont plus disponible (et pour cause), et les possibilités de retouche avec des pertes d'information réduites sont beaucoup moins importante (le format RAW gardant le maximum d'information venant du capteur, le format JPEG étant un format destructeur). De plus, si vous réenregistrez votre image, vous perdez l'historique des réglages.

Les défauts

Tout d'abord, prévoyez de la mémoire, beaucoup de mémoire. Sans photo ouverte, Capture NX consomme environ 35 Mo de RAM, ce qui est raisonnable. Une fois une photo ouverte, il monte allègrement à 350 Mo. Et doit aller encore plus haut avec des photos sortant de capteurs 10 méga-pixels. 1 Go de RAM est le minimum si vous souhaitez travailler confortablement.

Autre gros défaut, ce logiciel est considéré par Nikon comme un accessoire, et de ce fait n'est pas livré lors de l'achat de l'appareil photo (il est tout juste livré en version de démonstration avec certains modèles). Avoir un appareil photo qui sorte des photos RAW, et devoir lâcher en plus 150 euros afin de pouvoir les traiter est tout simplement mesquin.

Le problème des profils de couleurs intégré aux images

Comme dit dans un précédent billet, Capture NX intègre le profil ICC à l'intérieur des images JPEG exportées. Le problème est que toutes les applications ne gèrent pas ce profil, et que du fait le rendu de l'image n'est pas conforme au résultat voulu. Pour une image destiné à une chaine de traitement graphique, ce n'est pas un problème car chaque application de la chaine est censé être capable d'interpréter ce profil. En revanche, si vous diffuser vos photos sur Internet, les personnes qui les verront risque de ne pas toutes voir la même chose. Côté navigateur sous Mac OS X, seuls Safari, Omniweb et Internet Explorer (en cochant la bonne option pour ces deux derniers) supportent les profils ICC et rendent les images correctement. Sous Windows, aucun navigateur supporte les profils ICC. Côté Unix libres, je ne sais pas quels navigateurs supportent ces profils. En revanche, Firefox devrait supporter les profils ICC pour la version 3.0.

Côté logiciels de visualisation d'image, le problème est le même. Sous Mac OS X, Aperçu et CocoViewX supportent les profils ICC. Côté Windows et Unix libres, je ne sais pas lesquels les supportent.