Les précédentes journées…

Visite de l'arrière-pays

Pour notre dernière journée au Kenya, nous faisons une excursion nommée « Bush tour ». Il s'agit d'une visite dans l'arrière-pays de Mombasa, afin de voir le paysage et les villages locaux (dont celui du guide). Une fois de plus levés aux aurores (vivement la rentrée que l'on se repose), nous partons en bus pour cette excursion. Le problème qui se pose immédiatement est le même que pour la visite du Bamburi Forest Trail : un bus normal (au premier abord), et de futures pistes défoncées. Le trajet ne sera pas de tout repos.

La première étape consiste à aller voir une culture qui semble très étendue : celle du sisal. Cette plante grasse est utilisée pour ses fibres, qui permettent de faire des ficelles (comme les grosses ficelles en fibre végétales que l'on voyait encore il y a une quinzaine d'année), des tapis, des sacs ou bien d'après l'experte des mariages qui m'accompagne, pour des voiles de mariée (c'est la version luxe du simple tulle). Une fois le champ vu, et les explications du guide entendues, nous partons pour un village en bord de route afin (d'après le guide) d'acheter des bonbons pour les enfants que nous rencontrerons surement.. Et c'est là le problème. Autant acheter des bonbons pour les donner aux enfants, pourquoi pas, ça leur fait plaisir. Mais il y a l'art et la manière de le faire. La plupart des touristes en on acheté (il me semble que madame et moi sommes les seuls à ne pas l'avoir fait), et la totalité de ceux qui en ont acheté ont eu une manière déplorable de les distribuer :

  • à l'arrêt : entourés par une nuée d'enfants qui n'attendaient que ça, ils en ont distribué en moyenne un bonbon pour cinq enfants, les laissent ensuite se battre pour eux (avec le guide tentant vainement de mettre de l'ordre).
  • en roulant : et va que je jette des poignées de bonbons par les fenêtres aux gamins croisés, telles des cacahouètes aux singes dans un zoo, le tout avec des commentaires du même niveau : « Regarde, ils sont marrants, ils se battent », « Oh, ils sont nombreux; et il se passera quoi si on en écrase un ? Bah, ça ne se verra pas. », etc. Bref, l'homme blanc dans toute sa splendeur coloniale.

En chemin, le bus se montre sous son vrai visage : la première ne fonctionne plus. Dans une première côte, le véhicule cale en seconde, et le chauffeur est obligé de la redescendre en marche arrière, pour prendre de l'élan et retenter la montée. Dans une autre côte, re-calage, mais cette fois-ci on nous propose de finir de monter la côte à pied pendant que le bus finit sa montée plus léger. Commentaire du chauffeur : « Hakuna matata ».

Une fois arrivés au village du guide, ce dernier nous fait une présentation des cultures locales, du pilage traditionnel des céréales, et dégustation de vin de palme. Pour parler rapidement des villages rencontrés en chemin, ceux-ci ont pour la plupart des maisons en construction de type torchis (et quelques rares constructions en parpaing), pas d'eau courante ni d'électricité, mais tous ont une école. Comme quoi, dans ce pays relativement pauvre, l'éducation n'est pas négligée. Petite anecdote lors de la visite du village : une touriste s'ingéniait (sans succès) à essayer de faire ramasser à un gamin un papier de bonbon qu'il avait jeté par terre. Elle n'avait pas l'air d'avoir compris que dans un pays où la majeure partie de la population essaye de vivre décemment, la notion de « Je jette mes déchets à la poubelle » est bien leur dernière préoccupation. Mais, malgré tout, les villages (et les bord de routes) sont relativement propres. Il n'y a pas d'ordures qui trainent n'importe où, et apparemment ils les font régulièrement brûler.

Village dans le bush

La visite du village terminée, nous nous rendons à une marina afin de prendre notre repas de midi. Le repas terminé, madame et moi en profitons pour jeter un coup d'œil à la mangrove voisine. Puis retour au bus pour une visite d'une petite ferme aux reptiles. Cette ferme ne paye pas de mine : autour d'une petite cour sont situés des enclos à reptiles, en vieux parpaing surmontés de toits en tôle ondulée. Malgré tout, la visite se révèle intéressante, le guide étant très pédagogue et peu avare en explications. Pendant ce temps, madame et moi faisons les traducteurs pour les français ne comprenant pas l'anglais (c'est à dire tous les autres français présents). On a même le droit de tenir les reptiles, et j'en profite pour me faire attaquer par un caméléon (morsure d'un doigt, et tentative de morsure du lobe d'une oreille). Après tout, j'ai bien l'habitude de me faire mordre par des animaux inoffensifs : lors d'une visite d'un parc de singes aux Pays-Bas, une minuscule singe frugivore a confondu mon pouce avec quelque chose de comestible. J'ai eu droit à une belle trace de dents pendant quelque temps.

Arnaud & « Kenyan spaghetti »

La visite de la ferme aux serpent terminée, retour à l'hôtel, et préparation des bagages pour le départ du lendemain.

Retour en France

Réveil à 4h15 locales (2h15 en France) pour un petit déjeuner rapide. Une fois à l'aéroport, nous passons sans encombre les contrôles de l'aéroport, et finissons par prendre notre avion avec une heure de retard. Une fois arrivés à Orly, mon abonnement à la loi de Murphy se rappelle à moi : ma valise n'est pas sur le tapis des bagages. On passe rapidement faire une réclamation, d'autant plus qu'il y avait tous mes objectifs de l'appareil photo dedans, puis je pars acheter tout ce qui va me manquer pendant quelque temps : brosse à dent, rasoir, sous-vêtements, etc. Heureusement, elle a été récupéré le lendemain matin : elle avait pris le vol Mombasa - Zurich. Deuxième effet Murphy : autant j'aurai été tranquille pendant toute la durée du séjour, autant j'aurai réussi à avoir la turista au retour en France. Finalement, malgré la chaleur, j'étais bien là bas.

Pour conclure, c'était un superbe voyage, surtout pour notre premier grand voyage. On est revenus avec quelques couleurs sur la peau, et surtout des images plein les yeux. Si jamais vous avez l'occasion d'y aller, n'hésitez surtout pas.