L'arrivée au Kenya

À peine sortis de l'avion, c'est un premier choc : il fait très (trop) chaud, surtout quand on est encore habitués aux températures hivernales de France. Il est 7h30, et il fait déjà 26°C. Cerise sur le gâteau, Mombasa étant situé à la fois pas loin au sud de l'équateur, et sur un delta se jetant dans l'Océan Indien, il fait aussi très humide. Cette chaleur humide ne nous quittera pas de tout le séjour, à l'exception du safari dans les terres et en altitude. Cette même chaleur fera que nous serons en permanence moites, de jour comme de nuit. Un vrai plaisir :)

Une fois les formalités d'entrée au pays réglées (remettre le formulaire de visa et payer les frais de ce même visa s'élevant à 40 € par tête), et un sommaire contrôle en douane (« no cigarets ? no spirits ? » suivi d'un vague geste de la main nous signifiant notre congé), nous voilà à la recherche du représentant de notre tour operator, recherche rapidement fructueuse. Immédiatement, un porteur s'occupe de transporter nos bagages en lieu sûr, et commence la ronde des pourboires. Il faut savoir trois choses quand on va au Kenya :

  • Nous sommes européens, donc riches.
  • Tout service rendu mérite un retour financier.
  • Les euros sont acceptés partout, même par les Masaïs au milieu de nulle part.

Un vieux bus japonais (au vu des inscriptions intérieures) et non climatisé nous amène enfin à l'hôtel, et là commence le dépaysement. Les habitations font pauvres et sales, la route (la highway nous dira t-on ultérieurement) est défoncée, et les véhicules roulent là où il n'y a pas de trou, en tentant de vaguement respecter au moins deux voies de circulation non matérialisées, et cette même route est bordée d'échoppes sommaires vendant un peu de tout : du charbon, des fruits, de l'eau, des sommiers, des appels téléphoniques (une cabane en bois, un téléphone fixe de maison, et un guichetier), etc. Côté circulation, la différence avec l'Europe est, elle aussi, flagrante : beaucoup de vélos et de piétons, des poids lourds, quelques gros bus (en général remplis de touristes), énormément de matatus (petits bus de 14 places utilisés pour les déplacement collectifs), et très peu de voitures particulières. Les quelques visibles sont toutes de marque japonaise, et toute récentes et en bon état, pas une ne semble être une poubelle roulante comme on peut en trouver sur nos routes.

Arrivés à l'hôtel bien avant nos bagages, nous allons à la réunion d'information qui nous est proposée. On nous y présente le fonctionnement général de l'hôtel, et on nous y apprend quelques expressions utiles en swahili : « jambo » (bonjour), « asanté » (merci), « hakuna matata » (pas de problème, expression très utilisé, même quand il faut descendre du bus pour qu'il puisse finir de monter la côte plus léger), et surtout « polé polé ». Cette dernière expression, qui signifie « doucement » est ce qui caractérise la vie du kenyan. Il ne faut pas être pressé, tout finit par arriver à un moment ou à un autre; les cartes postales vers la France : polé polé, le coca commandé au bar : polé polé (celui-ci nous a longtemps fait de l'œil depuis le comptoir, où il se réchauffait et dégazait lentement), et ainsi de suite. Bref, notre mode de vie européen en prend un coup une fois sur place. Est-ce un bien ou un mal, difficile de dire, surtout en ayant été formaté toute une vie par un milieu où polé polé est considéré comme une tare.

La réunion d'information terminée, direction la plage. Il faut savoir qu'une fois que je suis au bord d'une mer ou d'un océan quelconque, il faut obligatoirement que j'aille toucher l'eau. Sauf que nous somme au Kenya, et que sur la plage, nous sommes attendus. À peine nos pieds touchent le sable qu'un démarcheur vient nous proposer ses safaris à prix cassés. Pendant ce temps, d'autres vendeurs font la queue derrière lui. Soit nous avons une bonne tête de pigeon, soit nous représentons le Saint Graal. Ou bien, tout simplement, nous sommes de riches touristes européens. Une fois débarrassés de ce vendeur, je parviens enfin à toucher l'Océan Indien, et un deuxième tente sa chance. Bien lui en a pris : contre trois éléphants en bois (non, ce n'est pas une expression, il sont en vrai bois massif), il nous déleste de 20 € (au lieu des 50 initialement demandés), et de ma paire de chaussettes. Suivi d'un troisième vendeur dont nous nous débarrassons au prix d'un critérium.

Arrivent nos bagages (et les porteurs, et les pourboires), nous prenons donc une inutile douche (à l'eau vaguement dessalée, quand elle daigne couler), pour finir la journée en trainant tranquillement pour visiter l'hôtel et sa faune animalière (chats, singes vervets et belles araignées) et s'inscrire à quelques excursions. Puis, le soir venu : dodo.

Chat hôtel

Vervet hôtel

Araignée hôtel

Bamburi Forest Trail et Haller Park

Notre première excursion concerne deux parcs situés pas loin de l'hôtel : le Bamburi Forest Trail, un parc forestier destiné à la promenade, et le Haller Park, qui est un parc animalier. Ces deux parcs ont été installés dans d'anciennes carrières utilisées par la cimenterie locale et exploitées par la société Lafarge (cocorico), et ils sont actuellement gérés par une branche de cette même société, Lafarge Ecosystems.

Bamburi Forest Trail

Il faut savoir que ces parcs ont été fait de manière à avoir un écosystème le mieux pensé : utilisation d'espèces indigènes en priorité, installation de poissons dans tous les bassins afin d'éliminer les larves de moustiques porteurs du parasite responsable du paludisme, etc. Ces mêmes carrières sont des exploitations d'un ancien récif corallien, vieux de quelques millions d'années. Il n'est donc pas rare de tomber sur d'énormes coquilles de bénitiers fossilisées. Si la majeure partie de la visite s'effectue à pied, le déplacement entre différentes zones se fait en bus. Imaginez un de nos bus de voyage, et placez-le sur des pistes et chemins que l'on n'oserait affronter qu'en véhicule tout terrain. Voilà nos conditions de déplacement, et rien que celles-ci sont aussi dépaysantes.

Si le Bamburi Forest Trail est relativement peu peuplé en animaux, le Haller Park propose un aperçu intéressant des animaux peuplant le pays. On y croise girafes, hippopotames, buffles, élans du cap, crocodiles et d'étrangères tortues géantes des Galapagos. Sans compter l'éternelle présence des vervets.

Vervet Haller Park

La visite terminée, et qui aura duré l'après-midi, retour à l'hôtel, et glandouillage pour le reste de la soirée.

Visite de Mombasa

Pour la visite de Mombasa, nous avons droit à un bus climatisé. Du moins, avec une température intérieure légèrement inférieure à celle de dehors. C'est mieux que rien, on transpirera moins. La visite s'effectue pour le début en bus. Nous commençons par « l'emblème » de la ville, deux énormes et fausses défenses d'éléphant qui se croisent au dessus de la rue. Vu la taille de celles-ci, elles font plus défenses de mammouth géant que d'éléphant. Arrêt du bus, pause photo, et on repart direction les quartiers administratifs de la ville : résidences de personnes aisées, palais présidentiel (« no photo »), palais de justice (« no photo ») et poste de police (« no photo »). Au passage, on nous donne quelques chiffres sur la population kenyane : 40% de chômage, école obligatoire jusqu'à 14 ans (gratuite, seul l'uniforme est à payer), environ 70% de chrétiens et 30% de musulmans dans les terres, les chiffres s'inversant sur la côte du fait de l'influence des marchands arabes. Nous nous arrêtons ensuite dans un magasin de souvenirs / bijouterie (ça sent les accords sur les ventes), et nous en profitons donc pour acheter quelques babioles pour la famille.

Nous reprenons le bus, direction le vieux marché MacKinon. À partir de ce moment, le reste de la visite se fera à pied, escortés par deux guides qui nous conseillent de surveiller mutuellement nos affaires. Le marché est un marché couvert, apparemment spécialisé dans la vente de fruits, légumes et épices.

Mombasa - Épices

Pris par notre visite et d'âpres négociations pour un ensembles d'épices, nous perdons le groupe de vue. Nous sommes pris en charge par une $erviable personne qui nous permet de rejoindre notre groupe en train de visiter un temple Jaïn (Mombasa possède une active communauté hindoue). Une fois la visite terminée, nous retombons sur notre « sauveur » qui attendait son juste dû (qui s'est finalement monté à 200 shillings kenyans, soit environ 3 euros). Nous continuons par la visite de la vieille ville, où l'influence arabe se fait sentir dans les décorations des façades.

Mombasa - Échoppe

Vieux Mombasa

Enfin, à la fin de la visite nous est laissé le choix entre Fort Jésus, une vieille forteresse portugaise reconvertie en musée d'histoire naturelle, et le bazar. Nous choisissons le bazar afin de compléter notre collection de souvenirs. Puis retour à l'hôtel et glandouillage.

La suite…