Historique de mes appareils photo

Il parait que l'histoire suit des cycles. Je ne sais pas si c'est réellement le cas, mais c'est le cas en ce qui concerne les appareils photos que j'ai possédé. Mon premier appareil photo était un compact argentique utilisant des pellicules sous formes de disques de 15 poses. Il n'était pas extrêmement performant, les photos possédaient un grain très présent, mais il m'a permis de faire mes propres photos, avec son lot de doigts devant l'objectif.

Par la suite, j'ai eu un compact que me prêtait ma sœur au besoin, compact utilisant les classiques pellicules 24x36mm. Là, grâce au choix de pellicules, j'ai pu obtenir des photos au grain nettement moins marqué, tout en conservant de temps en temps le défaut du doigt sur l'objectif.

Puis, pour mes 15 ans en 1993 m'a été offert un Nikon F601 (5000 francs à l'époque), mon premier appareil photo reflex. À partir de ce moment, fini les doigts sur l'objectif, à moins de vraiment le faire exprès. De plus, c'est à partir de ce moment que j'ai commencé à acquérir mes premières notions d'ouverture, temps de pose, et autres paramètres masqués par les compacts.

Puis, en 2003, j'ai commencé à réfléchir à passer au numérique. En effet, les gros défauts des argentiques étaient :

  • Le cout des consommables à la longue (une carte mémoire ne nécessite que son investissement initial).
  • Le fait que si une photo est manquée, on ne s'en aperçoit qu'après le développement (en numérique, on peut contrôler immédiatement, et recommencer si nécessaire).
  • L'attente avant d'avoir le résultat (en numérique, c'est immédiat).
  • L'obligation de tirage des photos (en numérique, on ne passe par le tirage que si nécessaire).

En revanche, se posait la question du format d'appareil photo numérique : compact, bridge ou reflex. À l'époque, les reflex numériques grand public n'existaient pas, donc l'offre existante était à la fois hors de prix et hors de question. Côté bridge, c'était moins cher que les reflex, mais toujours cher par rapport à maintenant. Là aussi, option oubliée. On s'est donc rabattu sur un Nikon Coolpix 2500. L'appareil était relativement correct pour sa catégorie, mais présentait des limitations à la longue gênantes : pas de réglages de la sensibilité ISO, difficultés de mise au point dans les environnements un peu sombres, des photos vite bruitées, etc.

Deux ans après, je suis passé à la catégorie supérieure : un Konica-Minolta Dimage Z2. Cet appareil de type bridge m'a ouvert de nouvelles possibilités de réglages, avec en autres celui de la sensibilité ISO. Avec cet appareil, j'ai aussi recommencé à découvrir les notions d'ouverture et de vitesse d'obturations que j'avais entre aperçu avec mon reflex argentique, mais cette fois-ci de manière moins timide, le numérique me donnant le droit à l'erreur. En revanche, j'avais toujours le problème de mise au point en conditions de moyenne et faible luminosité, et des images trop bruitées avec une sensibilité de 400 ISO.

Coup de chance, je me suis marié. La cagnotte récolté pour le mariage nous a permis de nous offrir un voyage de noce (teaser pour le mois de février 2007). Et pour ce voyage de noces, j'ai souhaité avoir un appareil photo qui tienne vraiment la route. C'est pour cela que je me suis offert, toujours avec l'argent restant de la cagnotte (note de la correctrice orthographique, épouse de l'homme marié: oui il S'est offert un beau jouet avec Notre cagnotte de mariage), un kit Nikon D50 + objectif 18-55mm f/3.5~5.6 + objectif 55-200mm f/4~5.6.

Caractéristiques

Nikon D50

  • Capteur : CCD 6.1 méga-pixels
  • Tailles d'images : 3008 x 2000, 2256 x 1496 et 1504 x 1000
  • Format d'image : JPEG (Fine, Medium ou Basic), RAW, RAW + JPEG (Basic)
  • Optique : 18-55mm (équiv. 35mm : 27-82mm) et 55-200mm (équiv. 35mm : 82-300mm)
  • Ouverture : 3.5~5.6 et 4~5.6
  • Sensibilité : Auto, 200 ISO, 400 ISO, 800 ISO, 1600 ISO
  • Balance des blancs : Auto, 6 pré-réglages, manuel
  • Stockage : carte SD
  • Connectique : connecteur USB 2.0 (High Speed); sortie audio vidéo (câble fourni); entrée alimentation secteur
  • Alimentation : entrée alimentation secteur (optionnel), batterie EN-EL3
  • Autonomie (test Nikon) : 400 photos avec flash mixte, 2000 photos sans flash

Premiers pas avec le D50

Ce qui surprends avec un reflex quand on a été habitué aux compacts ou bridges, c'est le poids de l'ensemble. L'ensemble boitier plus batterie plus objectif peut facilement approcher, voire atteindre le kilogramme. Dans le cas du D50, en tant que reflex d'entrée de gamme, le poids total est plus proche des 850 grammes, grâce (à cause ?) de l'utilisation de matières plastiques.

Un des points négatifs des bridges et compacts est la relative lenteur de ces appareils, à l'allumage comme à la prise de vue. Avec le D50, ces problèmes disparaissent : l'appareil est immédiatement disponible à l'allumage, et lors de l'appui sur le déclencheur (une fois la mise au point effectuée) la photo est instantanément prise. De plus, les objectifs fournis effectuent la mise au point très rapidement. Le test suivant est parlant : appuyer sur le déclencheur fermement tout en allumant l'appareil photo : en moins d'une seconde, l'appareil est allumé, la mise au point effectuée, et la photo prise. Même mon ancien reflex argentique n'était pas aussi rapide (la mise au point était assez lente).

L'autre gros point négatif de mes précédent bridges et compacts était la difficulté de mise au point dans les environnement sombres. Ce problème est résolu sur de D50 grâce à l'utilisation d'une lampe d'assistance éclairant légèrement la scène le temps de la mise au point. Cette lampe a une portée efficace de trois mètres. Il est donc possible de faire une photo dans le noir complet, la lampe venant assister la mise au point, puis le flash éclairant lors de la prise de vue.

D'un point de vue de la sensibilité ISO, mon ancien bridge donnait des photos correctes jusqu'à 200 ISO. Au delà, elles étaient trop bruitées pour être utilisables. Avec le D50, le bruit sait se faire discret jusqu'à 800 ISO. Réglé sur 1600 ISO, le bruit est relativement présent, mais sans être envahissant. Il sera négligeable si on doit tirer la photo à un format standard (10x15), mais pourrait tout de même devenir gênant sur les agrandissements. En revanche, à cette sensibilité, le bruit est tout de même moins présent que sur son grand frère le D70/D70s (le D80, remplaçant le D70, propose le même capteur, avec quelques millions de pixels en plus, et le même niveau de bruit que le D50).

La batterie propose quand à elle une très bonne durée de vie. Depuis que j'ai l'appareil photo (un peu moins d'une semaine), j'ai du faire pas loin de 200 photos, et l'indicateur de batterie m'indique toujours cette dernière comme pleine. Dans le doute j'avais acheté une batterie de rechange, il n'est pas garanti qu'elle me serve souvent.

Un des gros avantages du D50 (mais commun à la majorité des reflex numériques) est qu'il est possible de réutiliser les vieux objectifs de la marque. L'objectif autofocus de mon F601 fonctionne parfaitement sur le D50, mise au point comprise. En revanche, certains modèles d'objectifs pourront ne pas fonctionner au mieux de leur capacité, ou nécessiteront de passer l'appareil photo en manuel, y compris pour la mise au point. Une chose est à savoir, c'est que lors de l'utilisation de reflex argentiques, il va falloir appliquer un facteur de conversion pour la focale pour cause de la différence de taille du capteur. Cette conversion est à appliquer au boitier, pas à l'objectif lui même. Dans le cas des reflex argentiques Nikon, le facteur de conversion est de 1,5. Par exemple :

  • L'objectif 18-55mm sur le D50 offre le même angle de prise de vue qu'un 27-82mm sur un argentique.
  • Pour obtenir la même photo (en terme de couverture) que sur un 82mm argentique, il faut utiliser un 55mm sur un numérique.
  • Utiliser un objectif pour argentique sur le numérique est possible : comme les lentilles sont taillées pour du 35mm, le capteur utilisera la partie centrale de la lentille (ce qui peut être un avantage car évitant les phénomènes de dispersion des bordures de lentilles).
  • Utiliser un objectif conçu uniquement pour le numérique sur un argentique n'est pas conseillé : les lentilles étant taillées pour des capteurs plus petit, des phénomènes de vignettage peuvent apparaitre en grand angle (on voit sur les bord de la photo les limites physiques de l'objectif).
  • L'avantage des objectifs dédiés au numérique par rapport à ceux pour l'argentique est, qu'ayant des lentilles plus petites, l'objectif lui même sera plus petit et plus léger que l'équivalent pour argentique.

Les points faibles

Tout n'est malheureusement pas rose, et j'ai quand même trouvé quelques défaut, même s'il m'a fallu les chercher. Tout d'abord, je trouve le viseur plus petit que celui de mon F601. Le fait que le capteur du numérique soit plus petit que celui de l'argentique y est sûrement pour quelque chose, mais au début ça surprend. En revanche, je ne vais pas me plaindre sur le fait que le viseur couvre 95% de la photo finale. C'est un point à prendre en compte avant d'appuyer sur le déclencheur, mais de toute manière on a pas le choix, les viseurs couvrant 100% de la photo finale ne se trouvent que sur des appareils très haut de gamme et hors de prix.

L'autre point faible concerne les logiciels fournis avec le D50. Sachant qu'il peut prendre des photos au format RAW (les données brutes du capteur, sans post-traitement par l'appareil photo), il aurait été bien de fournir un logiciel permettant de travailler ces photos. Et bien non. Vous aurez juste une version de ce logiciel limitée à 30 jours (Nikon Capture 4.3), et il vous faudra débourser 150 euros supplémentaire afin d'acquérir la version complète. C'est tellement mesquin qu'on croirait du Apple. Le seul logiciel fourni (Picture Project), permet tout juste d'ouvrir les photos et de les convertir en un autre format sans perte (TIFF). Mais dans ce cas, on perd quand même des informations essentielles telles que la balance des blancs. Pour les libristes, ou ceux ne voulant pas payer la dime « Nikon Capture / Capture NX », il demeure possible d'utiliser UFRaw.

Autres

L'appareil n'est fourni avec aucune carte mémoire. Une carte de grande capacité et rapide est vivement conseillée. Par exemple, une Sandisk Ultra II de 1 Go. Plutôt que d'acheter par exemple une carte de 2 Go, préférez deux carte de 1 Go. En cas de problème sur une carte, vous ne perdrez pas toutes vos photos.

Des exemples de photos prises avec le D50 sont disponibles à cet endroit. Les données EXIF n'ayant pas été supprimées, vous pouvez vous y référer pour plus de détails sur les réglages de l'APN lors de la prise de vue.

Un autre test plus complet (mais en anglais) est disponible chez dpreview.com.