Pourquoi un scooter ?

Tout d'abord, je suis passé d'un employeur qui était à un kilomètre de chez moi à un autre à une dizaine de kilomètres. Pour le premier, le moyen de transport était tout trouvé : mes pieds. En revanche, hors de question d'en faire de même pour le nouvel employeur : trois heures de marches sont compréhensibles d'un point de vue sportif, mais peu pratiques pour aller travailler. Il me restait donc quatre choix disponibles :

  • Les transports en commun
  • Le vélo
  • La voiture
  • Le scooter

Le premier choix, c'était 3 lignes de bus distinctes, pour une heure de trajet. A cela, il faut rajouter le fait que l'arrêt le plus proche est à 1 km du lieu de travail, ajoutant une dizaine de minutes de trajet piéton. Bref, peu attirant.

Le deuxième choix, c'est 10 km à vélo. Peu gênant l'été, si on exclut le problème de la transpiration au bout de dix kilomètres en plein soleil, c'est beaucoup moins attirant sous la pluie. De plus, si je me retrouve à bosser chez le client plutôt que dans les locaux de l'employeur, je peux me retrouver plus loin ou à un endroit moins pratique à atteindre.

Le troisième choix, c'est 10 km en voiture. Quand il pleut, on est à l'abri. Mais je me retrouve dans les embouteillages tous les matins et tous les soirs. Temps estimé : facilement 45 minutes.

Le quatrième choix, c'est 10 km en scooter. Quand il pleut, c'est moins drôle que la voiture. Mais au moins on ne reste pas sous la pluie aussi longtemps qu'avec un vélo. Et dans les embouteillages, on avance plus vite qu'en voiture. Temps estimé : 25 minutes par la ville, 20 minutes par le périphérique. J'ai donc choisi cette solution, en achetant un scooter 125 cm3, le Yamaha Majesty 125

Et la pollution / consommation de carburant dans tout ça ?

Côté pollution, le Majesty 125 respecte la norme Euro 2. Vu les dates données au lien précédent (dates valables pour les voitures, pas les deux roues motorisés), ma voiture qui est un Picasso HDi (donc diesel), est à la norme Euro 3.
Rapportées aux caractéristiques du moteur, on a les valeurs suivantes (données pour une heure d'utilisation du moteur à pleine puissance) :

  • véhicule : Majesty 125 (Xsara Picasso)
  • puissance max : 8,4 kW - 11,5 ch (66 kW - 90 ch)
  • oxydes d'azote NOx : 58,8 g (330 g)
  • monoxyde de carbone : 33,6 g (158,4 g)
  • hydrocarbures : 9,24 g (43,56 g)
  • particules : 1,26 g (6,6 g)

Donc à pleine puissance, le Picasso pollue nettement plus que le Majesty 125. Dans les embouteillages, problème critique pour les déplacements, le moteur ne fonctionne bien entendu pas à plein régime. Seulement, vu la cylindrée du véhicule, et la durée du trajet, je le soupçonne quand même de consommer plus, même si ce n'est pas à l'échelle présentée ci-dessus.

Pour la consommation, le Picasso est en moyenne à 6 L aux 100 kilomètres, alors que le Majesty 125 est en moyenne à 3 à 3,5 L aux 100 km en cycle routier et entre 3,5 et 4,5 L aux 100 km en cycle urbain. Donc pour la même distance parcourue, je vais consommer moins, et polluer en moins grande quantité et moins longtemps. Avantage Majesty 125. Autre avantage, la moindre consommation me fait un coût à la pompe au kilomètre moins élevé avec le Majesty 125 qu'avec le Picasso.

Par contre, je veux bien admettre que le Picasso a l'avantage de moins polluer par passager transporté dans le cas où il y a plus de 2 personnes dans le véhicule : qu'il y ait une ou quatre personnes dans le Picasso, la consommation et pollution vont être globalement les mêmes, alors que le Majesty sera limité à deux personnes au maximum. Mais bon, pour aller travailler, je suis tout seul dans le véhicule (pas de co-voiturage, je ne connais personne travaillant dans le même coin que moi).

Le deuxième effet Kiss Cool

Comme j'ai tendance a être abonné aux différents effets de la loi de Murphy, je me suis retrouvé à travailler en face de mon ancien employeur. Forcement, le scooter a beaucoup moins servi. Ça n'empêche pas ce qui a été dit au dessus de rester vrai, même si le cas du déplacement domicile <-> agence employeur se pose nettement moins souvent

Présentation rapide du Majesty 125

Le scooter Yamaha Majesty 125 est propulsé (oui, propulsé, littéralement : « propulsion arrière » opposé à « traction avant ») par un moteur 4 temps d'un peu moins de 125 cm3, et développant jusqu'à 11,5 ch. Cette motorisation (moins de 125 cm3, bridée à 15 ch maximum) est disponible pour toute personne ayant un permis de conduire de type B datant d'au moins 2 ans. Le Majesty 125 autorise une vitesse maximale théorique de 110 km/h (réels), suffisante pour les voies rapides mais à mon avis un peu juste sur autoroute (pas testé).

Le Majesty fait partie de la majorité des scooters équipés de roues de petit diamètre (12"). Il existe des scooters à grandes roues, leur donnant une plus grande stabilité grâce à l'effet gyroscopique de ces dernières, mais au prix d'une maniabilité réduite. Et en ville ou dans des embouteillages, la maniabilité est vite essentielle. Du point de vue stabilité, le Majesty est très bien équilibré, j'atteins l'arrêt quasi-total sans avoir à poser le pied à terre. Le freinage est quant à lui à disque.

Le compteur est relativement complet : cadran indicateur de vitesse, niveau du réservoir d'essence, niveau de la batterie, et afficheur numérique indiquant l'heure, le kilométrage total et le kilométrage journalier. Les voyants ne sont pas en reste : indicateur de feu clignotant, indicateur de surchauffe et indicateur de changement d'huile.

Côté équipement, le coffre peut normalement recevoir un casque intégral et un casque jet. Ce dernier doit être de petite taille, celui de madame ne rentrant pas quand il y a déjà mon intégral. En revanche, deux casques jet y entrent. Actuellement, le coffre me sert à stocker mon casque, la chaine antivol et un sur-pantalon pour les jours humides. D'un point de vue antivol, il n'y a rien de transcendant : pas d'anneau d'accrochage du scooter, pas de démarrage à clé codée. Juste un pré-câblage de série pour l'installation d'une alarme. Il est possible d'ajouter à l'arrière un top-case, et il est équipé à l'avant d'un pare-brise protégeant aussi les mains.

Côté sécurité du pilote, j'ai fait l'achat d'une veste en Cordura™ (un nylon grossier et tressé très serré) avec doublure amovible et protections dans le dos, épaules et coudes. Celle-ci devrait être suffisante pour l'hiver associé à un gros pull et un tour de cou en polaire. En tout cas, en été au soleil, ça chauffe. Pour la protection des mains, des gants en cuir de mi-saison qui en fait sont un peu justes sur la durée quand il fait 10°/12°, et un peu chauds quand il fait plus de 20°. Il va falloir que j'investisse dans des gants été et hiver. Pour le casque, j'ai choisi un intégral noir histoire de ne pas trop trancher avec la couleur du scooter (qui est noir, de même pour les gants et la veste). L'aération semble correcte pour éviter la buée lors de températures moyennes (entre 10° et 15°). Dans les températures chaudes, le problème de buée ne se pose pas, mais il fait vite très chaud à l'arrêt, nécessitant d'ouvrir la visière pour se rafraichir un minimum. J'ai par la suite acheté un casque jet pour l'été, qui est nettement plus confortable au soleil, même si la protection moindre en cas de chute me gêne un peu. Pour résumer le pourquoi de ces protections, il est possible de paraphraser une citation se rapportant aux administrateurs systèmes : « Il existe deux sortes de conducteurs de deux roues : ceux qui sont tombés, et ceux qui vont tomber. »

Le modèle acheté et présenté ici est la série spéciale « DX », proposant une selle dite « confort ». Celle-ci est moins ferme que la selle standard, et propose un dosseret plus élevé pour le conducteur.

A l'utilisation, kilomètre par kilomètre

Jusqu'à 1000 km, le scooter est en phase de rodage. Pour une explication de ce terme, vous pouvez aller voir cette page. Et pendant cette période, la vitesse du scooter est limitée. Cette limitation n'est pas automatique, ni légale, c'est juste que le conducteur doit penser à ne pas dépasser cette vitesse sous peine de risquer d'endommager le moteur, ou de l'user prématurément. Certains sont tenants de l'inutilité du rodage avec les procédés d'usinage actuels. Mais comme même le manuel constructeur préconise le rodage, il doit bien y avoir une raison valable de le respecter.

Pendant tout le rodage

Un point à ne pas oublier est que les moteurs 4 temps de scooters montent très vite en régime. Pendant toute la période de rodage, il est déconseillé d'accélérer brutalement. Au contraire, les démarrages et accélérations doivent être doux et progressifs. Bref, les fanatiques des démarrages en trombe aux feux verts risquent d'abimer le moteur.

De 0 à 150 km

Pendant cette période, il est déconseillé de dépasser les 50 km/h compteur. Ça tombe bien, il faut aussi roder le conducteur qui devra prendre ses marques et acquérir les réflexes de base à avoir quand on conduit un deux-roues. Et il y en a. Dans l'ordre de ceux que j'ai eu acquis pendant cette période:

  • Il faut freiner principalement du frein avant, et seulement aider avec le frein arrière. Freiner brusquement avec le frein arrière peut bloquer la roue, entrainant un déséquilibre du véhicule et une distance de freinage allongée.
  • Les conducteurs de voitures ont tendance à ne pas vous voir, et vont parfois déboiter brusquement juste devant vous. L'idéal est de rouler dans la zone de visibilité du conducteur, c'est à dire dans l'axe de son rétroviseur latéral ou dans l'axe du rétroviseur central. Aussi, ne pas oublier de signaler les changement de direction suffisamment en avance. De même, être toujours attentif et bien regarder dans vos rétroviseurs en quasi-permanence.
  • Sous la pluie, les pneus adhèrent moins bien. C'est une évidence à ne surtout pas oublier. Donc dans les virages et rond-points, rouler moins vite que par temps sec est bien entendu nécessaire. Autres pièges par temps de pluie, les plaques d'égouts, marquages aux sols, et raccords métalliques sur les ponts. Ceux-ci deviennent extrêmement glissants. Je ne suis pas encore tombé par leur faute, mais j'ai plus d'une fois senti les roues glisser dessus, même en ligne droite.

Sinon, d'un point de vue utilisation du scooter, j'en ai noté les points suivants :

  • Performances en accélération et freinage plus que correctes. Il n'est pas poussif à l'accélération, mais ne n'est pas non plus l'effet « coup de pied au cul ». Pour ce dernier point, l'embrayage automatique à base de variateur y est pour beaucoup.
  • Les suspensions sont dures, très dures. Mêmes réglées au plus souple, les passages de ralentisseur ou de chaussée à trous est assez tape-cul. Je suis assez content d'avoir choisi la finition DX.
  • Le compteur vitesse est assez optimiste : un 50 km/h au compteur analogique du scooter correspond à un 40 km/h au compteur numérique du Picasso, qui correspond lui même à un 38 km/h mesuré avec un GPS. Il va falloir que je trouve un moyen pour fixer mon GPS sommairement afin de faire des relevés de vitesse.

Pendant cette période, je n'ai fait que de la ville, avec une petite portion de route limité à 90 km/h. Pour la partie en ville, j'avais tendance à me faire doubler par quasiment tout le monde. Et sur la nationale, n'en parlons même pas. D'ailleurs, dans ce cas, oubliez le conseil « roulez au centre gauche » qui n'est valable que lorsque vous êtes bien insérés dans la circulation, mais serrez bien à droite, les voitures qui vous dépassent avec une vitesse qui est le double de la votre, ça surprend. Quant aux voies rapides, oubliez, c'est du suicide, et vous irez bien plus vite en passant par la ville.

De 150 à 500 km

Pendant cette période, il est déconseillé de dépasser les 60 km/h compteur. Une fois arrivé à cette période du rodage, et compte tenu de l'optimisme du compteur, j'ai enfin pu mieux rouler en ville et m'insérer correctement dans la circulation. Bien entendu, c'est encore un peu juste pour les nationales (mais pas impossible non plus), mais toujours hors de question de prendre les voies rapides et autoroutes.

C'est à partir de cette période que j'aurais dû commencer à aller travailler avec, en passant donc par la ville. « Heureusement », j'ai quand même eu à aller à l'agence de temps en temps. L'avantage est que le trajet ville, à l'exception de deux petits kilomètres, est plutôt dégagé, ce qui permet d'arriver en environ 25 minutes au travail. Et dans la partie bouchons, il reste toujours possible de se faufiler le long de la file de voitures, soit en empruntant les voies des bus, soit en passant entre notre file et celle de ceux venant d'en face. Dans tous les cas, roulez au pas (ça sera toujours plus rapide qu'à l'arrêt), vous n'êtes pas à l'abri d'un déboitement surprise d'un autre conducteur.

J'en ai profité aussi pendant cette période pour parcourir de plus longues distances. Un essai de 120 kilomètres (3 heures) m'a permis de me rendre compte que ce type de véhicule n'est pas forcément adapté aux longs trajets : on finit par avoir mal au dos et aux mains, et la tête résonne des bruits dûs au moteur et au vent, ou alors il s'agît juste d'un manque d'habitude.

De 500 à 1000 km

Pendant cette période, il est déconseillé de dépasser les 70 km/h compteur. En revanche, j'ai adapté le rodage à des conseils trouvés sur ce forum : augmenter la vitesse maximale de 10 km/h tous les 100 km au delà de 500 km. Ce qui donne :

  • de 500 à 600 km : max 70 km/h
  • de 600 à 700 km : max 80 km/h
  • de 700 à 800 km : max 90 km/h
  • de 800 à 900 km : max 100 km/h
  • de 900 à 1000 km : max 110 km/h (là de toute manière, on atteint quasiment les limites du Majesty 125).

Cette progression me parait un peu optimiste sur les 200 derniers kilomètres. Du coup, j'ai adapté à ma sauce avec :

  • de 700 à 800 km : max 90 km/h
  • de 800 à 1000 km : max 100 km/h

De toute manière, les nationales sont limitées à 90 km/h, de même que le périphérique toulousain pendant tout l'été (110 km/h en temps normal).

Pendant cette période, on peut donc tranquillement s'insérer dans le trafic normal sur une route nationale, ce qui m'a aidé à faire une bonne série de kilomètres journaliers histoire de faire passer le rodage le plus vite possible.

On m'a aussi conseillé pendant cette période, au fur et à mesure que les kilomètres passaient, de faire de plus en plus souvent de pointes afin de «libérer» le moteur. Effectivement, ça semble efficace : au début, le scooter ne dépassait pas les 110 km/h sur plat. A la fin, il se permettait d'atteindre les 120 km/h.

Pendant cette période, j'en ai aussi profité pour comparer mon casque intégral et mon casque jet :

  • Casque intégral : il tient un peu trop chaud à l'arrêt ou faible vitesse, mais à haute vitesse reste stable. Les deux défauts sont le manque de visibilité, et un bruit d'air sourd quand je sors la tête de l'alignement.
  • Casque jet : bien aéré, il est parfait en ville et à faible vitesse. En revanche, à plus haute vitesse (à partir de 70 km/h), le bruit du vent devient désagréable, et comme il est moins profilé, la pression de l'air est fatigante pour le cou à la longue. En revanche, il offre une visibilité parfaite.

Donc pour du trajet court (jusqu'à une quarantaine de kilomètres) ou uniquement par beau temps, je compte privilégier le casque jet. Dans les autres cas, je prendrai l'intégral.

De plus, j'ai aussi pris des routes ayant un relief plus varié. Et c'est là qu'on s'aperçoit des vraies limites d'un moteur de 125 cm3 : dans les côtes un peu accentuées, ou en duo, il devient vite poussif et réduit facilement sa vitesse maximale. Un scooter de 250 cm3 gommerait ces défaut, en plus d'autoriser une vitesse maximale légèrement plus élevée pour des dépassements plus confortables, mais il faut : le permis moto, payer plus cher à l'achat, et payer plus cher à l'assurance. Bref, ça ne vaut à mon avis pas le coup, à moins d'avoir déjà le permis moto, ce qui n'est pas mon cas.

Au delà de 1000 km

Le rodage est terminé. Il est maintenant possible d'utiliser le scooter normalement. C'est à partir de ce moment qu'il est raisonnable de prendre les voies rapides. En revanche, on considère que le moteur continue à se « bonifier » pendant les 1000 à 2000 kilomètres suivants. Pendant ce temps, voire pendant toute la durée de vie du scooter, il faudra ménager le moteur et éviter les accélérations brusques. Bien entretenu et manipulé, le moteur peut tenir pas loin de 40 000 km. C'est peu comparé à la durée de vie du moteur essence (150 000 km) ou diesel (300 000 km) d'une voiture, mais ces derniers ne sont pas soumis aux mêmes régimes et traitements.

Équivalence des vitesses compteurs et vitesses réelles.

Comme dit plus haut, il faudrait que je fasse des tests de vitesse avec mon GPS pour vérifier les vitesses réelles. En attendant, on m'a donné un tableau tout prêt avec les vitesses relevées à l'aide d'un GPS marin. A priori, il y a peu de chances que les résultats soient faussés.

  • vitesse compteur : vitesse GPS
  • 30 km/h : 26 km/h
  • 40 km/h : 35 km/h
  • 50 km/h : 44 km/h
  • 60 km/h : 53 km/h
  • 70 km/h : 62 km/h
  • 80 km/h : 71 km/h
  • 90 km/h : 80 km/h
  • 100 km/h : 89 km/h
  • 110 km/h : 98 km/h
  • 120 km/h : 107 km/h
  • 130 km/h : 116 km/h

Comme vous pouvez le voir, à partir d'une limitation à 50 km/h, vous pouvez rouler sans problème avec 10 km/h de plus au compteur. Ça vous permettra d'éviter trop souvent de créer un bouchon en roulant trop lentement par rapport au reste du trafic.

Les plus et les moins du Majesty 125

Les plus

  • Performances honorables pour un modèle existant depuis 8 ans.
  • Aspect neutre et pas trop tape à l'œil
  • Grand coffre de selle
  • A grande vitesse, le scooter est très stable et on n'est quasiment pas gêné par le vent relatif

Les moins

  • Compteur un peu trop optimiste
  • Suspensions dures
  • Il manque un signal sonore pour les clignotants. Il est facile de les oublier en position marche.
  • Pour les petites tailles, il est peu facile de poser les pieds au sol à l'arrêt, et à mettre sur la béquille centrale.