Le contexte

Avant de faire l'acquisition de ce MacBook, je possédais un iBook G4 12". Bien que ce genre de machine soit résistant, il arrive un moment où les performances deviennent insuffisantes ou inconfortables. Donc, il faut penser à remplacer la machine. Voulant rester avec un portable, et de dalle inférieure à 14" pour une question d'encombrement et de facilité de transport, j'avais deux choix possibles :

  1. un portable de type « PC », qui aurait surement fonctionné sous FreeBSD ou Linux
  2. un portable Apple, dans ce cas le MacBook.

Appréciant Mac OS X, et les portables « PC » de faible taille de dalle étant relativement onéreux, mon choix s'est porté sur le MacBook.

Mes pré-requis sont assez simples :

  1. une machine relativement peu chère
  2. suffisamment rapide pour pouvoir travailler confortablement
  3. je ne suis pas joueur
  4. comme dit précédemment, une taille de dalle inférieure à 14"

Les points 1 et 4 excluent définitivement le MacBook Pro, qui à mon avis est vraiment trop cher par rapport à ce qu'il a de différent avec le MacBook 2 GHz, sans compter l'autonomie inférieure.

Le MacBook noir me tentait bien aussi, mais 150 € de différence pour un changement de peinture, ça a du mal à passer.

Présentation technique de la bête

  • Processeur: Intel Core Duo à 2 GHz, 2Mo de cache L2 à vitesse du processeur.
  • Mémoire vive: 1 Go de DDR2-SDRAM 667 MHz (passage à 2 Go en juin 2007).
  • Disque dur: 60 Go SATA 5400 tr/min.
  • Carte graphique: Intel GMA950 équipée de 64 Mo de mémoire graphique.
  • Lecteur CDROM: Graveur DVD slot-in.
  • Ecran: 13" WXGA (1280x800).
  • Autonomie: 6h annoncées.
  • Connecteurs d'extensions: Sortie DVI, 2 connecteurs USB 2.0, un connecteur Firewire auto-alimenté, Ethernet 10/100/1000 Mb/s, sortie son analogique / numérique (optique), entrée son analogique / numérique (optique).
  • Divers: Carte Airport Extreme (WIFI 802.11g), Bluetooth 2.0+EDR, iSight intégrée
  • Poids: 2,2kg

Par rapport à l'iBook 12", le MacBook est plus large, légèrement moins profond, mais aussi moins épais. Ces dimensions affinent sa silhouette, donnant encore plus à l'iBook un aspect de brique de l'époque soviétique.

Utilisation courante

Premier aperçu, premier démarrage

La première chose qui marque, c'est la luminosité de l'écran. Sans jeu de mot foireux (quoique), comparé à l'iBook, c'est le jour et la nuit. Je suis obligé de le laisser à la moitié de la luminosité, sinon c'est insupportable. Deuxième chose qui marque : les performances. Là aussi, une grande bouffée d'air frais : il démarre vite (moins de 30s), les applications en font autant, et ne rament pas. Même Firefox en devient agréable a utiliser.

Autonomie

Côté autonomie, le bilan est très satisfaisant. En utilisation sur batterie, j'arrive à tenir environ 4 à 5 heures en mode normal: carte Airport activée, luminosité écran au minimum (ce qui reste plus que lisible). Cette autonomie reste comparable à celle que me procurait mon iBook. D'ailleurs, la capacité de la batterie passe de 4100 mAh pour l'iBook à 5200 mAh pour le MacBook. La batterie de ce dernier est d'ailleurs monstrueuse : sa longueur fait les deux tiers de celle du portable, et sa largeur un tiers.

Compatibilité des applications : Rosetta à la rescousse

Une chose à craindre quand on passe d'un Mac à base de processeur PowerPC à une machine à base de processeur Intel, c'est la compatibilité des applications qui ne sont pas compilées spécifiquement pour cette dernière plateforme. Dans mon cas, il s'agit des applications suivantes :

  • CocoViewX, un visualiseur d'images (remplacé depuis par Xee).
  • DesInstaller, un outil pour désinstaller les applications installées via les paquets (pas celles par simple glisser / déposer).
  • Google Video Uploader, pour envoyer ses vidéos sur Google Video.
  • Grisbi, une application de comptabilité personnelle (corrigé avec Grisbi installé via MacPorts, et lancé par Grisbi Launcher).
  • Les pilotes et applications de mon scanner HP ScanJet 3770. Le scanner n'étant plus produit, et étant en produit abandonné, je suis assez sceptique sur la future existence de pilote UB.
  • PhoneAgent, un outil permettant d'accéder au contenu de son téléphone Sony Ericsson (UB depuis la version 1.3.1).
  • PDF Browser Plugin, un plugin pour les navigateurs internet permettant d'afficher les PDF directement dans la fenêtre de navigation (pour ceux qui n'utilisent pas Safari).
  • SlimBatteryMonitor, un remplaçant de la jauge de batterie de Mac OS X (UB depuis la version 1.4).
  • Toast 6 Titanium, une application de gravage de CD/DVD (UB depuis la version 7.1).
  • TomTom HOME, un outil permettant de gérer son navigateur GPS TomTom.

De toutes ces applications, uniquement « PDF Browser Plugin » n'est pas compatible, à moins de lancer les navigateurs via Rosetta. Même mes applications pour le scanner, que je sentais trop bas niveau pour fonctionner correctement, ne m'ont pas posé de soucis.

Donc, d'un point de vue compatibilité, pas de soucis particuliers pour moi.

Confort d'utilisation

Au niveau du confort d'utilisation, trois points sont à aborder : l'écran brillant, le nouveau clavier et le trackpad.

L'écran brillant pouvait faire craindre un confort moindre d'utilisation par rapport à un écran mat. Personnellement, je n'y ai rien trouvé de gênant, au contraire, surtout dans le cas où il y a une source lumineuse derrière : avec un écran mat, la tâche s'étale, rendant la lecture pénible, voire impossible. Dans le cas de l'écran brillant, la tâche lumineuse reste cantonnée au strict reflet, gênant moins la lecture. De plus, la luminosité supérieure compense en quelque sorte ces reflets lumineux. Bref, pour moi c'est du tout bon.

Le clavier est différent : les touches sont espacées les unes des autres, ce qui relativement le moins gênant, en plus de donner une petite apparence rétro. En revanche, les touches sont plus dures que sur l'iBook. J'avais pris l'habitude de quasiment effleurer les touches pour taper, là je suis obligé de me forcer à donner un appui franc. Comme je n'y pense pas à tous les coups, il m'arrive bien souvent de rater des lettres. De plus, sur l'iBook 12", les bords du clavier correspondent aux bords de la coque. J'ai gardé les réflexes de cette largeur de coque, du coup il m'arrive d'essayer de taper trop à gauche pour les touches de gauche, et trop à droite pour celles de droite.

Idem pour le trackpad : le bouton est lui aussi bien plus dur que celui de l'iBook. Là aussi, c'est une habitude à prendre.

Divers

J'ai vaguement testé l'iSight, pour laquelle je n'ai pas vraiment d'utilité, et la qualité d'image m'a paru correcte. Elle a les mêmes défauts que ses consœurs : bonne qualité en condition de bonne luminosité, trop de bruits et de saturation des couleurs lorsque la luminosité baisse.

La fermeture par fixation magnétique est un peu trop puissante à mon gout : il faut un peu trop forcer pour ouvrir le portable. En revanche, ça permet d'éviter toute ouverture inopinée. En revanche, la fixation magnétique du connecteur de la prise d'alimentation est correctement dosée.

Les défauts

Le produit parfait n'existant pas, le MacBook a quand même ses défauts. Premièrement, au niveau de la qualité des hauts parleurs intégrés: je sais bien qu'il est difficile de faire des miracles avec de petits haut-parleurs, mais là c'est assez limite, et plus qu'avec l'iBook : sur ce dernier, les haut-parleurs pointaient vers le haut, alors que sur le MacBook ils pointent vers l'arrière, avec une réflexion sur l'écran. Ça donne une tonalité étouffée au son. L'utilisation d'un casque audio ou d'enceintes externes améliore cependant la restitution sonore.

Autre défaut, c'est le côté poêle à frire du MacBook : il est très chaud, voire brulant, surtout en dessous, du côté du connecteur d'alimentation (même si ce dernier est débranché). Autant je pouvais porter mon iBook sur les genoux, autant je suis avec le MacBook obligé d'intercaler une bande dessinée afin de ne pas me bruler. Histoire de donner quelques chiffres, le processeur de l'iBook montait difficilement à 60°C même en cas de forte activité, celui du MacBook dépasse facilement les 70°C quand il y a une activité modérée à importante. Bien entendu, la température sous le MacBook n'est pas celle du processeur, mais elle est tout de même trop importante.

Petit comportement bizarre : souvent, quand je débranche l'alimentation, les voyants des touches de verrouillage majuscule et numérique « clignotent » rapidement, un peu comme si la lumière vibrait, jusqu'à ce que j'appuie sur ces touches. Toujours en parlant de ces voyants, leur lumière n'est plus du vert jaune de celui de l'iBook, mais d'un vert plus franc, limite vert « herbe ».

De l'autre côté du miroir : Boot Camp

Ce changement d'architecture a apporté une possibilité non vue sur les Mac depuis plusieurs années, c'est à dire depuis les PowerMac 6100 et les Centris 610 DOS Compatible, à savoir la possibilité de démarrer la machine sous Windows. Je possède encore des CD de vieux jeux auxquels j'aimais bien jouer de temps en temps pour me détendre : Unreal (le premier du nom), Outcast, Darkstone, Soldier of Fortune, etc. Si certains d'entre eux ont vu un portage vers Linux, ce n'est pas le cas pour la plateforme Mac OS X. Jusqu'à présent, pour pouvoir y jouer, il ne me restait que 3 possibilités :

  1. Utiliser l'ordinateur de madame, sauf que quand elle est devant, elle ne veut pas me le laisser.
  2. Monter une machine compatible pour ces jeux, mais acheter du matériel et avoir un ordinateur uniquement pour jouer, bof.
  3. Ne pas jouer.

Donc, j'avais choisi la 3ème solution.

Puis le MacBook et Boot Camp sont arrivés. L'installation de ce dernier est assez aisée : il grave un CD contenant les pilotes pour le matériel du MacBook, partitionne le disque dur pour pouvoir y installer Windows, et redémarre la machine sur le CD d'installation de Windows (Windows XP SP2 uniquement). Passons sur l'installation de Windows et des pilotes de périphériques, il n'y a rien de compliqué là dedans.
Au niveau de la détection du matériel, quasiment un sans faute : l'iSight et apparemment le contrôleur Bluetooth ne sont pas reconnus, la sortie son normale (les haut parleurs) et la sortie casque fonctionnent simultanément, et la gestion de la batterie me semble faiblarde (l'autonomie est environ 30% moins importante que sous Mac OS X). Il me reste peut-être des réglages à effectuer sur ce dernier point.

Pour les jeux, pas de problèmes non plus : au vu de l'âge de ces jeux, la GMA950 remplit pleinement son office, à part peut être avec Unreal où elle a des coups de mou dans les grands espaces (résolution native, qualité d'image maximale). Les seuls problèmes est qu'à part Unreal où l'on peut régler manuellement la résolution, aucun jeu ne propose de résolution wide. Sans parler de Darkstone qui ne connaît que le 640x480. Quant à Outcast, qui à l'époque où je l'avais acheté mettait n'importe quelle machine sur les genoux (grâce à son moteur 3D Voxel sans rendu accéléré) tourne maintenant de manière totalement fluide.

Sinon, hors jeu, Boot Camp pourra toujours servir pour les personnes qui ont un besoin d'applications Windows non portées ou sans équivalent sur les autres plateformes.

Il reste aussi possible d'utiliser une application de virtualisation comme Parallels Desktop. L'avantage est que Windows fonctionnera en même temps que Mac OS X, sans besoin de redémarrer la machine pour passer de l'un à l'autre. L'inconvénient est qu'une partie du matériel est émulée, y compris la carte graphique, interdisant dans ce cas l'accélération 3D, et réduisant les performances globales par rapport à un fonctionnement natif.

Dernière possibilité, mais encore non possible : exécuter les applications Windows directement depuis Mac OS X à l'aide de bibliothèques et d'applications telles que Wine ou Crossover Office.

Conclusion

Malgré ces problèmes de température élevée, le MacBook est un très bon portable pour une personne qui n'est soit pas joueuse, soit sait se contenter de vieux jeux (GMA950 inside). Il est rapide et avec une dalle de bonne qualité (du moins selon mes critères). Bref, je ne regrette pas mon iBook (à part sentimentalement, c'est mon premier ordinateur portable). Sans compter que la possibilité d'utiliser Windows peut être un plus pour certaines personnes.

La suite

Essai du MacBook Pro 15,4" Core 2 Duo 2,4 GHz