Présentation du jeu

Planeshift est un MMORPG, au même titre que World of Warcraft, Dark Age of Camelot, ou papi l'ancêtre Ultima Online. Celui-ci a une particularité par rapport à ses concurrents : non seulement il ne demande pas d'abonnement mensuel pour pouvoir utiliser les (le) serveurs mis à disposition des joueurs (à l'instar de Guild Wars), mais en plus le jeu lui-même est gratuit, libre et sous licence GPL. Il est disponible pour les plateformes Windows, Linux et Mac OS X. L'univers de ce jeu est le classique médiéval fantastique (baston, magie, grosses bestioles, princesses à délivrer etc.). La version testée est la 0.3.011 pour Mac OS X.

Pour situer la machine sur laquelle j'ai fait tourner le jeu, un détour vers le billet consacré à mon iBook pourra être nécessaire.

Mes impressions

L'ambiance

Le jeu commence par la création de son personnage. On a le choix entre pas mal de races (9 à ce jour), le sexe du personnage (mâle ou femelle, pas de sexes bizarres, ou asexués), et son historique. Concernant le dernier point, je n'ai pas encore vu dans le jeu d'utilité « réelle » à cet historique. Peut-être pour le futur. Fait notable pour les personnes qui ont déjà essayé les premières versions de Planeshift, le choix de la race est visualisable à l'aide d'un modèle 3D du personnage, et non plus un simple dessin d'un membre de cette même race. Une fois le personnage créé, on choisit son serveur parmi les nombreux (un / 1) serveurs disponibles, et on est lâché dans le monde de Planeshift.

Et là, on découvre un univers très original : une sorte de Fallout médiéval, où toute trace de vie a été éradiquée, et où vous êtes l'unique survivant. Bon, je suis ironique sur ce point, mais c'est la première chose qui frappe, quand on commence dans la cité : l'absence de personnes. Il est vrai que mon unique expérience dans ce domaine est celle de World of Warcraft qui était assez surpeuplé, mais je suis passé d'un extrême à l'autre. Sur une session de jeux d'une demi-heure, j'ai croisé en tout et pour tout quatre personnes : une en ville, trois en dehors. Au cours d'un deuxième essai à une heure plus tardive, j'ai pu croiser des personnes plus fréquemment, mais il n'y avait quand même pas foule.

D'un point de vue peuplement PNJ, j'ai croisé quelques bestioles bizarres (des sortes de grosses araignées), d'autre bestioles bizarres, mais différemment (celles-ci ressemblaient à des démons), et un rat. En revanche, les ballades en extérieur sont agréablement accompagnées par les gazouillis d'oiseaux (invisibles). C'est bien, on se sent moins seul.

Sinon, le monde actuel me parait faiblement étendu. Je n'ai pu trouver que quatre grandes zones distinctes, sachant qu'il en existe d'autres:

  • Ojaveeda (la « ville des chats »), avec deux quartiers (un quartier résidentiel qui semble plongé dans la nuit, et un quartier de boutiques en plein jour). A priori, il y a des quartiers supplémentaires prévus, les portes pour y accéder sont en place, mais restent fermées.
  • Ojaroad/Forest/Trepor Fields (l'extérieur), plongé dans la nuit. Il me semble relativement grand, mais les limites du monde n'étant pas visibles, je ne saurais me prononcer sur ce point.
  • Le royaume des morts, où atterrit le personnage du joueur lors de son décès.
  • Hydlaa (une grande ville fortifiée), elle même composée d'au moins quatre zones :
    • Hydlaa Plaza : le quartier par où on arrive.
    • Un quartier avec une grande bibliothèque.
    • Arena : une grande arène.
    • Sewers : les égouts.

Il me reste d'autres zones à découvrir :

  • Laanx temple.
  • Laanx dungeon.

Autre point « étrange », le personnage commence sans arme, sans argent. En revanche, les autres joueurs en sont équipés (au moins d'une arme). Je n'ai pas encore trouvé comment ils ont pu s'équiper (et ne leur ai pas demandé non plus, j'aime bien chercher tout seul), mais j'espère bien trouver la réponse.
Edit : j'ai finalement compris comment on obtient de l'argent :

  1. Aller en dehors des villes
  2. Trouver des rats du côté de Trepor Fields : Sortir de Ojaveeda, suivre la route jusqu'au marchand, traverser les collines à votre gauche jusqu'à Trepor Fields (la plaine avec plein de Trepors, les grosses araignées bizarres), une fois sur la plaine, la suivre vers la gauche.
  3. Tuer les rats
  4. Ramasser les possessions des rats (queue, œil, fourrure).
  5. Revenir en ville
  6. Vendre ces possessions
  7. Si vous n'avez pas assez d'argent pour obtenir une arme, revenir au point 1, sinon, achetez des armes et recommencez avec des bébêtes plus grosses.

Pour l'ambiance sonore, les musiques vont de correctes (en ville) à lassantes (à l'extérieur).

Les graphismes

Ceux-ci ne sont pas moches, mais ne sont pas transcendants pour autant. Ce n'est pas le clinquant à la dessin animé de World of Warcraft, mais les graphismes sont tout de même de meilleure qualité que ceux des premières versions. En revanche, ils ne sont toujours pas fluides : le jeu est réglé par défaut en 800x600 en mode fenêtré, et même comme ça, le jeu trouve le moyen de ramer dans une ville vide. Au moins World of Warcraft, avec des graphismes plus poussés, ramait uniquement quand il y avait trop de monde à l'écran. A mon avis, le moteur de jeux Crystal Space n'est pas encore optimisé pour la plateforme Mac OS X. Si vous souhaitez changer la résolution et désactiver le mode fenêtré, il vous faudra éditer le fichier planeshift.cfg.

Un point positif, la vitesse de rendu est améliorée par rapport aux premières version pour Mac OS X. Toujours d'un point de vue graphisme, les arbres ont cet aspect « deux sprites qui s'entrecroisent à la perpendiculaire ».

Des captures d'écran sont disponibles en pièces jointes du billet.

En revanche, parmi les défauts graphiques, on peut citer les bugs de collision, où bien certains textes dans la section de création du personnage qui sont coupés en deux (seule la moitié supérieure est visible). Autre bug, le personnage à l'air de flotter au sol, il manque en effet une petite ombre permettant de le situer au sol. De plus, lors de ces même déplacement, le personnage n'a pas les mouvements des jambes synchrones avec le déplacement. En clair, le sol bouge plus vite que les jambes se déplacent. Enfin, il y a un bug fréquemment rencontré : des textures manquantes à certains endroits, laissant un grand aplat noir. Ou alors ce sont des problèmes d'éclairage.

La prise en main

Les commandes de base sont assez intuitives. En revanche, je n'ai toujours pas réussi à utiliser le mouse look pour observer l'environnement. Les « pg up » / « pg down » sont tout sauf pratiques pour ça. Autre point négatif du jeu, ce sont les limites du monde. Elles ne sont pas affichées. A partir du moment où on ne peut pas aller plus loin, on se retrouve bloqué par un mur invisible.
Autre point lassant, les chargements de zones entre les différentes régions du jeu sont assez longuets. Toujours lors des changements de zone, il arrive qu'il y ai des problèmes pour aller de Ojaroad vers Ojaveeda, les chargements entre ces deux zones reprenant en boucle au moindre mouvement.

Un des gros manques du jeu est la présence d'une carte afin de pouvoir se situer. Il m'a fallu un bail pour trouver des rats à dévaliser, et une fois les rats trouvés (et dévalisés, bien entendu), encore plus de temps pour retrouver la ville.

Côté combat, le joueur dispose de plusieurs mode d'attaque : bloody, aggressive, normal, defensive, full defensive : chaque mode a un équilibre différent entre l'attaque et la défense. Le mode « bloody » mise tout sur l'attaque et rien sur la défense, le mode full defensive au contraire mise tout sur la défense et rien sur l'attaque.

Le joueur peut aussi avoir accès à la magie, en combinant différents glyphes pour créer ses sorts. N'ayant pas encore essayé ça, je ne saurai en dire plus.

Il est aussi possible d'acquérir des compétences artisanales, comme le travail du métal, des peaux, de minage, etc.

Les trois points précédents peuvent être améliorés à l'aide de l'expérience acquise au cours de combats. Le joueur gagne de l'expérience (de 0% à 100%), et quand la barre d'expérience atteint 100%, elle revient à 0%, et le joueur gagne un point de progression. Ces points de progression peuvent être utilisé pour apprendre de nouvelles techniques, améliorer les techniques existantes, ou bien augmenter les caractéristiques du personnage. Bien entendu, tout ceci n'est pas gratuit, et il va vous falloir gagner de l'argent pour y avoir accès.

Conclusion

Pour un jeu au stage pré-alpha, il tient le bon bout. Il va nécessiter bien entendu un certain nombre d'optimisations : agrandir la surface du jeu, optimiser la partie graphique, au moins pour la version Mac OS X, améliorer la gestion des contrôles, etc.
Je dirais que c'est un jeu à surveiller, et qu'il a le potentiel pour devenir un bon MMORPG.