L'an dernier, ma compagne et moi avions découvert la Bretagne (enfin, surtout moi); la semaine passée, ce fut la Normandie. N'aimant pas des masses la chaleur, et Toulouse étant assez peu vivable en été, je suis volontairement condamné à visiter les lointaines régions nordiques pour rechercher un peu de fraicheur. Malheureusement, jusqu'à cette année, les choix n'ont pas été très heureux :
- 2003 aux Pays-Bas : C'était pendant la période de la célèbre canicule. De là-haut, on n'était pas au courant, mais on a quand même eu droit à des températures de 30° en journée. Pour moi qui commence à avoir chaud au delà de 20°, ce fut trop.
- 2004 en Bretagne : J'ai eu chaud, j'ai eu des coups de soleil. Bref, pas génial comme fraîcheur.
Plusieurs régions de la Normandie (et de Bretagne) ont été visitées :
Les plages du débarquement
Premier jour sur place : de la pluie. Je sais bien que j'avais demandé de la fraicheur, que j'ai eue, mais je me serais bien passé de cette humidité à couper au couteau. On n'a pas visité toutes les plages, celles-ci n'étant pas vraiment à côté (on logeait dans la baie du Mont Saint-Michel, au Bec d'Andaine). On s'est donc contenté des sites suivants :
- Arromanches : c'est ici qu'a été construit le port artificiel ayant permis d'approvisionner les troupes alliées dans les premiers jours ayant suivi le débarquement, le temps que les « vrais » ports soient libérés. Il reste encore quelques caissons de flottaison de ce port.
- Colleville : c'est ici que se situe le plus grand cimetière américain en terre française. Plus de 9000 tombes sont présentes, sous forme de rangées de croix blanches alignés à perte de vue. Il est à noter que le site a été cédé aux Etats-Unis par la France. C'est donc l'une des rares parties des Etats-Unis qui soit accessible sans passeport. Ce cimetière surplombe une partie de Omaha Beach. Cette plage a été la plus meurtrière du débarquement, supportant environ 40% des pertes totales : mer démontée, erreur de navigation, troupes allemandes en manœuvres repérées trop tard; bref, un carnage.
- La Pointe du Hoc : une autre site faisant partie d'Omaha Beach. Cette falaise truffée de casemates allemandes a été entièrement prise au bout de deux jours, et au prix de lourdes pertes : sur les 225 rangers montés à l'assaut des falaises, seuls 90 s'en sortirent. L'ironie de l'histoire, c'est que les canons censés être là et devant être détruits avaient été déménagés quelques jours avant. Les soldats n'y ont trouvé que de simples (et inutiles) madriers de bois. Fait notable, ce site est le seul qui n'a pas été remis en état après la guerre, et est resté tel que l'a laissé le débarquement : bunkers détruits, trous d'obus, etc. Dans le même genre, il y a les iles du Frioul au large de Marseille, où même les sacs de sables sont encore présents (même si leur tissu a soit disparu, soit est devenu complètement friable).
Petit retour en Bretagne
Ce jour là, petit retour en Bretagne, afin de redécouvrir certains souvenirs de l'an dernier, lors de nos vacances en Bretagne. On a donc suivi la baie du Mont Saint-Michel vers l'ouest, en direction de Saint-Malo.
- La première étape a eu lieu à la Pointe du Grouin, juste au dessus de Cancale. C'est ici que ce situe une des dernières tours de Chappe.
- Nous sommes ensuite arrivés à Saint-Malo. La vieille ville est belle, mais certaines rues sont un peu trop marchandes à mon gout (principalement celles derrière les remparts, côté port). Cette étape bretonne m'a permis de redécouvrir le souvenir le plus marquant de mes vacances bretonnes de l'an dernier : le Kouign Amann. Enfin, je me suis offert un trépied sur le retour, qui allait me servir le lendemain.
Traversée de la baie du Mont Saint-Michel.
Petite journée de glandouille au camping en prévision de la soirée qui s'annonçait. J'en ai profité pour avancer sur NOCC. Puis, le soir venu, nous avons effectué la traversée de la baie du Mont Saint-Michel. Cette traversée s'effectue en groupe avec un guide qui connait les points de passage sans danger, et qui va expliquer au fur et à mesure l'histoire de la baie, l'écologie de celle ci, et ses dangers. Cette guide fut très compétente et charmante (ce qui ne gâche rien). Bravo Elodie.
La traversée commence au Bec d'Andaine, rejoint l'îlot de Tombelaine pendant le coucher de soleil, et rejoint le mont Saint-Michel à la tombée de la nuit, permettant d'assister à l'illumination progressive de ce dernier.
La traversée permet de découvrir : la tangue (un mélange de vase et de sable, collant et glissant), les sables mouvants, assez marrant quand on est prévenu à l'avance (ceux que l'on nous a montré m'arrivaient à mi-mollet, les plus profonds faisant environ 1m50). La traversée est suivie par une visite guidée du Mont Saint-Michel, qui se termine par la plus petite rue du Mont (comprendre la plus étroite et non pas la plus courte, personne claustrophobe s'abstenir).
Cette sortie m'a permis d'essayer le trépied. Cet accessoire est vraiment indispensable dès que l'on veut faire des photos nocturnes avec une longue pause : il permet d'avoir une immobilité absolue de l'appareil qui évite les flous tout sauf artistiques.
Coutances
Pour cette journée, on est remonté par le bord de mer à mi-hauteur de la presqu'ile du Cotentin, jusqu'à la ville de Coutances. Celle-ci ne possède pas de charme particulier. C'est là que j'y ai fait mon premier don de sang depuis huit ans.
Avranche et Saint-Lô
Là aussi, une petite journée tranquille, avant les huit heures de trajet retour jusqu'à Toulouse du lendemain.
- Avranche : c'est une tranquille petite ville de province, ayant très peu souffert des destructions du débarquement. Elle possède une grande église (Notre-Dame-Des-Champs), pas extraordinaire en elle même, mais possédant un éventail de gargouilles originales (tortue, cochon, éléphant, etc.), ainsi qu'une chaire en bois peint. Sinon, au rayon « vieilleries non religieuses », il y a quelques beaux restes des remparts de la vieille ville, en partie en cours de rénovation, ainsi que des ruelles possédant de belles maisons d'époque Moyen-Âge / Renaissance.
- Saint-Lô : ayant été détruite à plus de 90% par les bombardements américains d'avant le débarquement, Saint-Lô a été surnommée « la capitale des ruines ». L'église de Notre-Dame en est le symbole le plus parlant. Sa façade n'a été qu'en partie restaurée afin de garder un souvenir des destructions passées : la tour gauche a été détruite à son premier tiers, et la droite à perdu sa flèche. Quant à la façade entre les deux tours, elle est désormais inexistante. Il reste même un obus américain n'ayant pas explosé (et ayant depuis été désamorcé) fiché dans un des murs.
Autre symbole des destructions passées, la porte de l'ancienne prison est le seul vestige de l'ancien bâtiment qui ait survécu aux bombardements , prison qui retenait dans ses geôles à ce moment-là 150 personnes, . Ce monument a été dédié aux résistants.
Enfin, comme pas mal de grandes villes normandes, Saint-Lô possède ses remparts parfaitement conservés.
Bref, si ce n'est l'humidité ambiante assez prononcée, j'ai passé en Normandie de très bonnes vacances.
Commentaires
Bonjour, très flattée de voir que la traversée de la baie du Mont St michel vous laisse un très bon souvenir, merci de le faire partager!!
élodie la guideToutefois, ce n'est pas la plus petite rue du monde, mais du Mont (mais c'est fréquent, je dois mal le pronnoncer!)
Merci beaucoup pour la précision que je corrige immédiatement. Sinon je confirme, la traversée s'est très agréablement bien passée, merci beaucoup pour votre professionalisme.
Arnaud Boudou