À savoir, le système a été testé sur un MacBook 13" Core Duo 2GHz équipé de 2 Go de mémoire vive.

Le système

Cette version de Mac OS X n'accueille plus l'utilisateur avec le panneau de chargement du système. On passe directement de l'affichage de la pomme sur fond gris à l'interface utilisateur. Cette même interface présente un nouveau thème unifié (à priori basé sur le thème unifié de Tiger) qui signe (enfin) l'arrêt de mort du métal brossé. Ce thème apporte une cohérence dans l'aspect des applications. Les seuls gros changements concernent principalement le Dock, le Finder (voir ci-dessous) et la barre de menu qui subit quelques modifications esthétiques : les coins supérieurs gauche et droit ne sont plus arrondis mais carrés, les menus ont maintenant des coins arrondis et non plus carrés et perdent (enfin) les rayures horizontales, et la barre de menu devient translucide. Ce dernier point est reste esthétiquement correct à condition que l'on ai aucune fenêtre en plein écran. Dans ce cas, la barre de menu translucide accolée à une barre de titre opaque me parait relativement inesthétique. Autre nouveauté, la fenêtre active est mieux mise en évidence grâce à une ombre portée plus présente, et les fenêtres inactives ont leur barre de titre qui s'éclaircit d'avantage.

Côté préférences systèmes, peu de gros changements (à part une nouvelle icône toute beurk), si ce n'est quelques petites réorganisations : une icône « Time Machine » fait son apparition, les préférences « Bluetooth », « Imprimantes et Fax » et « Réseau » ont été revues, « Exposé » gagne un onglet dédié à « Espaces », le parefeu est revu, et déménage de « Partage » à « Sécurité », les contrôles parentaux quittent la section « Comptes » et obtiennent leur propre section, etc.

Du côté des préférences de partage, il y a une évolution intéressante sur le partage de fichiers via SMB. Il est enfin possible de sélectionner les répertoires à partager sans avoir à trifouiller manuellement dans le fichier de configuration de Samba.

Du côté des préférences Bluetooth, le panneau de préférence a été remanié afin d'être plus aisé à prendre en main. Autre bon point d'importance, les profils A2DP sont enfin pris en charge, ce qui fait que mon Logitech FreePulse Wireless peut enfin être utilisé sans son adaptateur.

Les applications fournies

  • Aide en ligne : Le menu d'aide des applications présente une interface de recherche à la Spotlight. A partir du moment où l'utilisateur commence à saisir du texte, une liste de résultats s'affiche en temps réel. Si parmi ces résultats se trouve un élément d'un des menus de l'application, positionner le curseur dessus déroule automatiquement le menu (et éventuel sous-menu) concerné, et une grosse flèche pointe l'élément correspondant. Ce fonctionnement est assez plaisant dans sa finalité, même si la grosse flèche est un peu de mauvais goût.
  • Aperçu : L'application présente maintenant une interface similaire à « Mail ». Le même thème d'icônes et de couleurs sont utilisés, et le tiroir latéral dans le cas d'ouvertures multiples est remplacé par un panneau latéral intégré à l'application. Et c'est tant mieux, j'ai toujours trouvé que ces tiroirs s'intégraient mal aux applications les intégrant.
  • Boot Camp : Ce logiciel permettant de facilement partitionner le disque dur afin d'installer Windows (ou tout autre système d'exploitation, tel [FreeBSD|

/dc2/index.php/post/224|goddess-gate]) est maintenant fourni avec le système. Son fonctionnement reste en revanche inchangé.

  • Dictionnaire : Le dictionnaire comprend de nouvelles sources de données. Tout d'abord un dictionnaire « Apple » permettant d'effectuer des recherches sur les produits de la firme de Cupertino. Ensuite, un dictionnaire « Wikipedia » qui affiche le contenu de la page Wikipedia correspondante. Enfin, trois dictionnaires japonais ont aussi été ajoutés : « Japanese », « Japanese-English » et « Japanese Synonyms ». Bref, à part Wikipedia, rien de bien spécifique pour les francophones.
  • Dock : Le Dock présente un nouvel aspect, cette fois-ci en simili 3D (les icônes semblent être posée sur un plan, impression renforcée par l'ombre portée). La petite flèche noire qui indiquait qu'une application était lancée se voit remplacée par une sorte de diode bleue. Le Dock se comporte aussi comme une surface réfléchissante : les icônes posées dessus et les fenêtres proches s'y reflètent dedans. À noter : la présentation 3D du Dock n'est valable que si celui-ci est placé en bas du bureau. S'il est placé sur un des côté, il prend un simple aspect 2D. Une autre nouveauté du Dock est la fonctionnalité d'empilement. Si l'on place un dossier dans le Dock, celui-ci affiche les fichiers présents sous la forme d'un empilement, permettant d'afficher le contenu de ce dossier sans ouvrir une fenêtre dédiée du Finder. Concernant cet empilement, il aurait été préférable d'ajouter une option permettant que l'icône dans le Dock soit celle du dossier et non celles des éléments du dossiers empilés les uns sur les autres. Dans ce dernier cas, même si l'intention est louable (avoir la notion d'empilement jusque dans l'icône du Dock), le résultat est esthétiquement peu probant.
  • Espaces : Mac OS X 10.5 est un des derniers systèmes d'exploitation intégrant un système de bureaux multiples (ici appelés « espaces ») sans l'ajout d'un logiciel tiers. D'ailleurs, il ne reste plus que Windows dans ce cas. Avec un peu de chance, ça sera disponible avec le successeur de Vista. Ce système de bureaux multiples s'active comme Exposé, par défaut avec la touche F8, et se présente de la même manière. Il est bien entendu possible de déplacer des fenêtres d'un espace à l'autre, de paramètrer le nombre d'espaces disponibles (maximum de seize espaces), de naviguer au clavier d'un espace à un autre et de lier des applications à des espaces dédiés. En revanche, il n'est pas possible de lier un fond d'écran ou de donner un nom à un espace.
  • Finder : Le Finder a enfin été remanié et présente quelques nouveautés.
    • Tout d'abord, celui-ci adopte une interface à la Mail / iTunes concernant l'aspect de la barre latérale.
    • Autre rapprochement avec iTunes, il est possible de parcourir les dossiers à la façon « Cover Flow ». Autant pour iTunes c'est compréhensible pour visualiser rapidement la pochette d'un album lors d'une recherche, autant je suis moins convaincu dans le cas du Finder (à part pour les répertoires contenant des images).
    • La navigation à la « Cover Flow » permet d'afficher les aperçus des documents du répertoire, mais aussi pour un document donné de parcourir son contenu sans quitter le Finder ou ouvrir une fenêtre supplémentaire. Bien entendu, ces fonctionnalités sont disponibles pour les types de documents pour lesquels le plugin idoine a été développé.
    • Il est enfin possible de pouvoir régler l'espacement des icônes, permettant d'avoir plus de fichiers visibles dans la même fenêtre par rapport à Tiger.
    • Une fonctionnalité nommée « Coup d'œil rapide » fait son apparition, permettant d'accéder rapidement à une image, un fichier vidéo, audio, texte ou même PDF. Comme le lancement de cette fonctionnalité est nettement plus rapide que le chargement d'une application dédié, c'est donc un vrai plus.
    • La corbeille a elle aussi subi quelques changements : un bouton « Vider » fait son apparition dans la fenêtre dédiée (mais il manque toujours la fonction de restauration), et il est maintenant possible d'activer ou désactiver un avertissement lors du vidage de la corbeille.
    • Le Finder propose aussi de nouvelles icônes pour les dossiers, une première depuis la version initiale de Mac OS X.
    • La barre latérale donne accès à des fonctions de recherche rapide, ainsi qu'un accès au différents ordinateurs présents sur le réseau.
    • Quand un disque externe comporte plusieurs plusieurs partitions, il est possible de les démonter individuellement.
    • Quand on renomme un fichier, seul le nom sans l'extension est sélectionné par défaut pour le renommage.
    • Il il est possible de définir des droits de manière fine sur un fichier ou dossier (par utilisateur, par groupe, etc), et non plus de se contenter des droits Unix. Pour une fois, c'est Mac OS X qui est en retard sur Windows de ce côté ci.
  • Front Row : Cette application, flirtant dans le camp des « Media Centers », et qui n'était fourni qu'avec les machines neuves est maintenant intégrée à Mac OS X 10.5. L'application présente maintenant une interface à la façon de l'Apple TV.
  • Mail : L'application passe en version 3.0 et apporte quelques fonctionnalités nouvelles : la création de notes, le support de fils RSS et plusieurs modèles de mails. En revanche, parmi les défauts que j'avais relevé lors de mon essai de la précédente version, seul celui concernant les certificats autosignés est enfin corrigé. Tant pis, Mail ne détrônera pas Thunderbird comme client mail sur ma machine.
  • Mise à jour système : Cette partie de Mac OS X a subi quelques changements. Il est maintenant possible d'avoir un fonctionnement simplifié lors de la présence de nouvelles mises à jour. Au lieu d'avoir la liste des mises à jour disponibles, l'application propose un fonctionnement par défaut incluant toutes les mises à jour. Il reste bien entendu possible d'avoir la fenêtre à l'ancienne. De plus, si une mise à jour nécessite un redémarrage du système, celle-ci s'installe une fois la session utilisateur fermée, a contrario de Tiger où les mises à jour nécessitant un redémarrage étaient installées en même temps que les autres. Ce nouveau fonctionnement permet maintenant de proposer à l'utilisateur de redémarrer ultérieurement sa machine, et non pas comme avec Tiger où la boite de dialogue proposait de redémarrer ou d'éteindre la machine sans que l'on puisse la fermer.
  • Photo Booth : Cette application qui n'était fournie qu'avec les nouvelles machines est maintenant installée par défaut avec Mac OS X 10.5. Au passage, elle gagne un passage en version 2.0, une nouvelle série d'effets et la possibilité d'enregistrer une mosaïque de quatre photos en rafale ou bien d'enregistrer une animation au format GIF animé. En revanche, cette application ne sert toujours à rien, à part faire mumuse pendant cinq minutes les jours où l'on s'ennuie vraiment.
  • Safari : Passage en version 3.0 pour cette application. Je n'ai pas vu de grands changements du côté du moteur de rendu, n'ayant pas plus de problèmes que ça avec la version précédente. Côté fonctionnalités utilisateur, on peut noter la possibilité de déplacer les onglets (comme Firefox), de sauvegarder la session à la fermeture (comme Firefox, encore que pour Safari il faille explicitement demander d'ouvrir à nouveau les onglets de la précédente session), d'effectuer une recherche « en ligne » (comme Firefox), d'installer des extensions facilement (comme Firefox). Autre petite fonctionnalité intéressante, et absente de Firefox cette fois-ci, est l'affichage de la miniature d'une page web lorsqu'on laisse le curseur de la souris sur un onglet en arrière plan. Autre nouveauté, la présence d'un bouton permettant de sélectionner une partie de page et de la transformer en widget pour Dashboard. Toujours utile si l'on veut suivre facilement des mises à jour d'une page. Bref, Safari reste toujours aussi correct pour un navigateur par défaut. De plus, il a aussi l'avantage de sa rapidité de lancement.
  • Spotlight : Visuellement, pas de changements notables. Mais à l'utilisation, c'est une autre histoire : la recherche est extrêmement rapide, au contraire de la version de Mac OS X. On a enfin ce qui a été vendu par Steve Jobs lors de sa présentation de Mac OS X 10.4, mais si, souvenez vous : on saisi, et BOUM ! le résultat est là. Mais bon, il a dû faire la présentation sur un G5 à 3 GHz (comme il est bon d'être mauvaise langue). Sinon, la fenêtre de recherche Spotlight est légèrement différente, avec un accès rapide à divers critères de filtrages. Enfin, il est maintenant possible d'utiliser des mots clés lors de la recherche, comme « ET », « OU », etc.
  • Terminal : L'application reste égale à elle même (c'est à dire un bon logiciel de terminal), et gagne en plus la gestion des onglets. De plus, le shell « bash » a été mis à jour et permet enfin la saisie de caractères accentués ou non ASCII directement dans une session shell. C'est toujours bon à prendre, et rend d'autres applications (comme iTerm) caduques.
  • Time Machine : Une des grosses nouveauté de cette version de Mac OS X est Time Machine, qui permet d'effectuer des sauvegarde des fichiers (et autre données comme les contacts, les rendez-vous iCal, les mails), et de remonter le temps afin de restaurer une vieille sauvegarde. La présentation de l'application est très parlante : le fond d'écran représente un ciel étoilé quelconque, et une succession de fenêtres va vers le fond, chaque fenêtre représentant un changement possible à annuler. On remonte donc le temps (en allant vers les fenêtre du fond), on sélectionne les données à restaurer, et hop, elles le sont. Cette présentation fonctionne avec le Finder, mais aussi avec d'autres applications comme iPhoto, le carnet d'adresses, etc. Il est possible de régler l'application de manière assez fine : heures régulières de sauvegardes ou bien sauvegarde automatique à chaque changement, choix du disque destiné aux sauvegardes, âge maximal des sauvegardes. En revanche, il aurait été bien d'avoir un accès rapide aux données à restaurer sans passer par l'interface tape à l'œil actuelle.
  • Utilitaire de disques : Il est enfin possible de repartitionner un disque sans perdre son contenu.
  • X11 : Anciennement basé sur XFree86 4.4.0, X11 passe en version 2.0 et est maintenant basé sur X.org R7.2. Sinon, pas de changement visibles.

Le passage d'un félin à l'autre a laissé quelques applications sur le carreau :

  • Classic : Plus moyen de lancer un vieux Mac OS 9 depuis Mac OS X 10.5. Avec Tiger, seuls les machines à base de PowerPC avait encore accès à Classic. Maintenant, si vous voulez encore utiliser ce dernier, ne passez pas à Leopard.
  • Sherlock : Existait-il au moins quelqu'un se servant de ce truc ?

Les défauts et autres bugs

Tout n'est rose, il y a encore quelques défauts et bugs présents :

  • Mail : Comme dit précédemment, cette application reste toujours trop simpliste.
  • Préférences « Partage » : Le partage d'écran permettant de se connecter avec un client VNC à la machine est toujours présent, mais malheureusement sans aucune amélioration. L'idée était bien, mais la réalisation bâclée. Il n'y a en effet aucune optimisation pour le protocole VNC, et non seulement c'est difficilement utilisable à travers un réseau local, mais en plus c'est complètement inutilisable à travers Internet. Bref, préférez plutôt Vine Server (ex. OSXVnc) si vous voulez partager votre écran via VNC.
  • Spotlight : Sous Tiger, la recherche Spotlight dans une fenêtre du Finder classait les résultats par type de fichier. Cette fonctionnalité utile a malheureusement été supprimée. Cette même recherche remontait les préférences utilisateurs (pratique quand on veut supprimer complètement une application), mais sous Leopard ça ne fonctionne plus. Il me faut aller explicitement dans le dossiers des préférences, et effectuer une recherche en spécifiant que l'on veut qu'elle s'exécute dans ce répertoire.
  • Time Machine : Un défaut de l'application est qu'il ne soit pas possible de choisir le disque de démarrage pour stocker les données de sauvegarde, mais uniquement une autre partition ou disque externe ou réseau. Ce peut être pénalisant dans le cas d'une utilisation de portable où la seule solution est soit de partitionner le disque de démarrage (mais comment connaître la place nécessaire aux données de sauvegarde), soit d'utiliser un disque externe (ce qui limite un peu la portabilité de l'ensemble). Pour un ordinateur de bureau, iMac comme Mac Pro, le problème est moins crucial dans le sens où l'utilisation d'un disque externe est moins pénalisante.
  • X11 : Avec X11 1.0 (la version de Tiger donc), on pouvait lancer en ligne de commande une application X11 (par exemple xterm) de deux manières : avec la commande « open-x11 » suivie du nom de l'application (donc « open-x11 xterm ») ou bien la commande « open -a X11 » suivie du chemin complet de l'application (donc « open -a X11 /usr/X11R6/bin/xterm »). Ceci était donc bien pratique pour pouvoir lancer des application X11 en passant par un script. Maintenant, passons à Leopard. « open-x11 » n'existe plus, et « open -a X11 » échoue sans aucun message d'erreur. Bref maintenant il faut faire un script qui lance X11, surveille qu'il soit bien lancé, et lance ensuite l'application X11. Bref, tout pour simplifier la vie du développeur.
  • X11 : Il recycle de vieux bugs corrigés avec Mac OS X 10.4.3. Il y juste une différence : cette fois-ci, il suffit de cliquer une deuxième fois sur l'icône X11 pour que l'application passe au premier plan.

Les applications tierces posant problème

  • Firefox 3.0 alpha 8 : Le défilement de pages manque de fluidité. De plus, un deuxième menu « FIchier » est affiché à droite du menu « Aide ».
  • Grisbi 0.5.9 : plantage lors de certaines opérations, il suffit de régler X11 pour un affichage en millier de couleurs pour contourner le problème.
  • Thunderbird 2.0.0.6 : Avec certaines polices dans les mails au format HTML, les caractères accentués sont affichés dans une police différente.
  • Xee 2.0 : Le mode plein écran ne fonctionne pas et affiche un écran blanc à la place, ou bien plante sur certaines images.

Outils de développement

Pas de grosse révolution de ce côté non plus. Xcode passe en version 3.0, et amène quelques changements (support des processeurs x86_64, frameworks en 64 bits, obsolescence de Java-Cocoa, apparition de Ruby-Cocoa, etc.). Un nouveau framework apparaît, il s'agit de « Core Animation », censé facilité de développement d'effets d'animations. Ne touchant pas à ce domaine de développement, je ne saurais dire ce qu'il apporte réellement.

Conclusion

Par rapport à son prédécesseur, Leopard est plus une évolution dans la continuité, apportant un peu plus de maturité au système d'exploitation d'Apple et quelques innovations intéressantes comme la sauvegarde / restauration de données avec une interface « user-friendly ». La question est plutôt de savoir s'il vaut le coup de dépenser 129 € pour passer de Tiger à Leopard. C'est à vous de voir en fonction de vos besoins ou envies. En revanche, pour les personnes qui utilisent encore Jaguar ou Panther, et sous réserve que leur machine soit éligible à cette version de Mac OS X, il peut être d'autant plus intéressant de migrer que ces systèmes auront plus de chances de devenir obsolètes d'un point de vue mise à jour d'applications tierces.