Mise en place du décor

Jusqu'à fin avril, je travaillais comme analyste programmeur auprès de la société Capgemini. J'ai quitté cette société pour des raisons qui me sont propres, mais facilement devinables. Autant je quittais une société dans laquelle mon salaire était assez faible au regard de mon ancienneté et du travail effectué, ainsi qu'une évolution de carrière qui peinait à évoluer; autant je quittais une société qui était à dix minutes à pied de chez moi, ce qui est source d'économies de carburant et de temps, en plus de me permettre de rentrer manger le midi.

Donc, à partir du 15 mai, je devais commencer à travailler à CSC. Cette société étant basée à dix kilomètres de chez moi, je pensais donc ne plus rentrer chez moi, perdre du temps dans les embouteillages ainsi que du carburant. Mais bon, si ça pouvait me permettre de gagner plus et peut-être d'évoluer plus vite, j'acceptais de me sacrifier avec abnégation (ah bon, j'en fais trop ?).
La première journée devant se passer à Paris et commencer à 9h00 à La Défense, plutôt que de me lever à pas d'heure le matin en espérant ne pas être à la bourre, j'ai préféré passer le weekend sur place en famille. Ne me doutant pas de ce qui pouvait m'arriver, je ne prends qu'un petit sac à dos avec le rechange nécessaire (et surtout une chemise pour le jour J à la place de mes éternels tee-shirts), et la mallette de mon iBook. Notez bien l'encombrement et la place présente dans mes bagages, c'est très important pour la suite. Indice : il ne restait pas grand chose comme place dans mon sac à dos, la mallette de l'iBook est assez volumineuse, et la place pour les bagages en cabine dans un avion est limitée.

Acte 1 : Lundi 15 mai - Paris La Défense

Je passe sur le voyage en avion sans encombres, et le tarif de l'Orlyval scandaleusement prohibitif : 7,20€ pour 6 minutes de trajet. Traverser Paris en métro / RER dure plus longtemps et coute moins cher. Donc, le weekend se passe, et me voilà réveillé à 6h30 pour me préparer à partir.

La première étape est d'arriver depuis Fontenay-aux-Roses, le camp de base de ma famille, à La Défense en RER. Jusque là, aucun problème, c'est du quasi tout droit en RER, avec un changement en cours de route. Le moins pratique est d'aller de la Défense à CSC quand on ne connait ni le quartier, ni le trajet. C'est là que mon fidèle Tomtom One m'a permis d'arriver au bon endroit et à l'heure, sans me casser la tête.

Une fois le premier sur place, je vois arriver les autres nouveaux et lie connaissance avec une future collègue de loin : elle sur Paris, moi sur Toulouse (coucou Valérie si par hasard tu tombes ici). Heureusement qu'elle était là, j'avais oublié de venir avec un stylo pour prendre des notes. Sinon, j'étais le seul Toulousain sur la dizaine de personnes intégrées ce jour-là. Puis, la journée d'intégration proprement dite commence.

Le but de cette journée est de présenter aux nouveaux arrivants le fonctionnement de la société (centre de documentation, saisie d'activité et feuilles de frais, fonctionnement des téléphones, etc.). Les informations sont très fournies, voire trop. Heureusement un classeur volumineux est fourni avec des informations essentielles (les manuels et autres informations administratives), et d'autres moins (les inévitables magazines internes aux grosses sociétés).

Puis nous est donné l'ordinateur portable qui va nous suivre pendant notre carrière. Et là, c'est le drame. Souvenez-vous de mes bagages : un sac à dos quasi plein, une mallette de portable, et peu de place disponible dans l'avion. A cela, il faut que je rajoute un classeur géant, et une deuxième mallette de portable. J'ai quand même réussi à faire rentrer je ne sais comment le classeur dans le sac à dos, et je me suis baladé dans Paris et le RER avec une mallette dans chaque main. Oui, il y a plus pratique. La grande question a été celle de pouvoir tout prendre ou non en cabine. Ça m'embêtait un chouïa de devoir attendre mon sac à dos aux tapis des bagages en soute. Heureusement, tout passait de justesse dans les gabarits fournis par Air France pour les limites de bagages en cabine. En tout cas il n'y avait pas la place pour glisser un livre de poche.

Sinon, c'est pendant cette journée que j'ai eu la surprise de savoir où et sur quel projet j'allais travailler.

Acte 2 : Mardi 16 mai - La grande aventure commence, ou presque.

Donc on récapitule le film imaginé de mes journées à CSC : debout, embouteillages jusqu'à CSC (Blagnac) ou Airbus (un peu partout autour de Toulouse), boulot avec le portable affecté par CSC, miam à midi sur place, embouteillages jusqu'à la maison. Ça donne envie, non ?

Et au final ce n'est pas vraiment ça. Il faut savoir que CSC et Silogic se sont associés pour récupérer un gros contrat chez Airbus. Et sur ce projet, auquel je suis affecté, l'équipe CSC est dans les locaux de Silogic. Pour situer CSC par rapport à mon ancien employeur, c'est très simple : sortez de Capgemini par l'accueil, traversez la rue, bienvenue à Silogic. Donc j'en profite pour passer un bonjour à mes anciens collègues qui me lisent : je suis tout près de vous.

De plus, le réseau de Silogic est une véritable prison : de l'intérieur, je n'ai accès qu'au web extérieur : pas de mail, pas de SSH, pas de messagerie instantanée. Rien que du web. Ça me laisse quand même de quoi accéder à mes mails perso par webmail, mais ce n'est pas l'idéal. Surtout que ça passe par un proxy intermédiaire. Du coup, mon beau portable CSC, un IBM T43 (miam) ne peut pas accéder à la messagerie Lotus Notes (beurk) de CSC, ni à l'intranet CSC par VPN pour l'envoi de l'activité. Bref, il ne me sert à rien. Il reste à la maison toute la journée, relève tranquillement les mails que je peux lire à midi (vu que finalement j'ai le temps de rentrer manger) ou le soir. La saisie et l'envoi de l'activité se font donc hors heures de bureau depuis chez moi. Pratique non ? Je travaille donc avec une machine Silogic, ai gagné une boite mail Silogic, etc. Un vrai sous-traitant embarqué.

Bon, le gros avantage est que j'évite ainsi embouteillages, gaspillage de carburant, et j'y gagne un certain gain de temps et de confort.

En attendant, je n'ai pas encore commencé sur le projet. Je suis en phase d'auto-formation sur Netweaver, un environnement de développement Java de SAP basé sur Eclipse. Je devrais réellement commencer la semaine prochaine.

Les critiques d'après la représentation

J'ai eu une impression mitigée sur la « régionalisation » de CSC. Tout me semble centré sur les locaux parisiens (centre de documentation, cours d'anglais, mailing listes internes, gestion des justificatifs de frais). Les locaux en provinces ont un peu l'air d'être les parents pauvres de la société.

Lotus Notes, ça pue. Je veux bien admettre qu'il offre des possibilités intéressantes pour une entreprise, mais cette vue orientée base de données et ce client mail préhistorique, j'en ai encore des frissons.

Leur système de saisie d'activité me semble mal foutu au possible. Chez Capgemini, c'est une application en ligne où l'on saisit l'activité, et basta. Chez CSC, c'est un client lourd, on doit importer des données chaque semaine, saisir l'activité, puis exporter les données, et les envoyer dans une boîte mail dédiée et à son assistante. Bref, un espèce de truc digne de la bureaucratie soviétique, ce qu'il la fout mal pour une boîte US.

J'ai 26 jours de congés payés et 12 jours de RTT par an (25 et 9 chez Capgemini). En revanche, l'ancienneté est moins bien récompensée : chez Capgemini, c'est 2 jours de congés payés au bout de 2 ans, 4 jours au bout de 5 ans, etc. Chez CSC, c'est un jour tous les cinq ans.

La mutuelle m'a l'air correcte. Peut-être un peu moins bonne qu'à Capgemini, mais je ne suis pas certain.

L'équipe dans laquelle je suis est composée de petits jeunes de mon âge, ou du moins de ma génération, et l'ambiance y est bonne. Et ça, c'est bien™.